| Echange spirituel et intellectuel |
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Le 6 mai 2000 au quatrième séminaire d'une série de huit séances de discussion, "Les religions et les Chinois dans le monde entier," le Maître Suprême Ching Hai a été invité à parler de la Méthode Guan Yin et de son développement en Asie du Sud-Est. Le séminaire a eu lieu à l'Académie Sinica, un prestigieux institut de recherche nationale académique à Formose. Les gens qui ont été convoqués à assister à ce séminaire étaient ceux qui participaient au projet de recherche de l'Asie du Sud-Est de l'Académie Sinica, l'Institut religieux de Taiwan, la corporation centrale de la diffusion, le groupe de recherche des Chinois d'Outre-mer de la faculté de recherche d'histoire contemporaine de l'Académie Sinica, et l'Association des Chinois interdisciplinaires. De nombreux professeurs, collègues de recherche, professionnels de média, et des membres du personnel de l'élite provenant de divers domaines ont pris part au débat.
Ce séminaire sur la Méthode Guan Yin (présenté ci-après) a aussi été télédiffusé localement au public le 20 mai par la corporation centrale de la diffusion. En plus, le débat était diffusé en simultané à travers le monde sur le site web de la corporation centrale de la diffusion au www.cbs.org.tw.
Président (M. Chu Hong-yuan du département d'histoire moderne, de l'Académie Sinica) : Bien le bonjour à vous tous, Maître Suprême Ching Hai, Professeur Ruaan Jy-sheng de l'Université nationale de Taiwan et amis des secteurs académiques et publics. L'Académie Sinica n'a pas souvent la chance, comme c'est le cas aujourd'hui, de s'étendre sur un sujet pour y explorer aussi bien l'aspect religieux qu'académique.
Je représente le Groupe de Recherche des Chinois d'Outre-mer de l'institut d'histoire moderne de l'Académie Sinica. Notre groupe a été commandité par une série de conférences ces dernières années. En commençant par cette année, nous avons, à la recommandation du directeur Lin Mei-rong de l'Institut des religions de Taiwan, qui nous a accordé son soutien, inclus un aspect religieux à notre recherche sur les Chinois d'Asie du Sud-Est. Nous avons invité un nombre important de leaders religieux à participer aujourd'hui à ce séminaire à l'Académie Sinica. C'est la quatrième d'une série de huit conférences. Les trois premières conférences portaient sur l'Islam, la chrétienté et le I-kuan Tao. Le sujet d'aujourd'hui est très particulier, il s'agit de la Méthode que l'on appelle Guan Yin, une toute nouvelle voie parcourue et enseignée par Maître Suprême Ching Hai. Pour en savoir davantage, partons à la découverte de cette nouvelle dimension spirituelle qui a eu un impact énorme sur les Chinois dans le monde entier.
Nous assurons la coordination du projet chinois en collaboration avec le projet de recherche d'Asie du Sud-Est, qui est lui aussi encadré par l'Académie Sinica. Cet effort combiné est guidé par le professeur Hsiao Hsing-huang. Le professeur Hsiao a démontré son intérêt pour cette activité en versant des honoraires à chaque conférence. Ce n'est pas grand chose, néanmoins, cela démontre son soutien moral envers cette étude académique. Nous allons présenter ces honoraires au Maître Suprême Ching Hai pour sa conférence (Note : Maître a, sur le champ, rendu les honoraires au membre.) En plus, notre groupe de recherche sur les Chinois d'outre-mer, qui effectue maintenant des études sur les Chinois d'Asie du Sud-Est, a préparé un jeton pour le professeur Ruaan, qui sera notre commentateur aujourd'hui. Mais c'est sans importance. Ce qui importe, c'est la coopération qui existe entre les différents instituts de l'Académie Sinica qui travaillent ensemble sur des sujets de recherches étendus.
Nous sommes plus particulièrement enchantés d'avoir parmi nous aujourd'hui, des représentants de deux organisations. La corporation centrale de la diffusion, représentée par M. Wen, qui est le producteur de l'émission de radio "La communauté chinoise d'outre-mer par les airs," laquelle est diffusée à des auditeurs à travers le monde. La conférence d'aujourd'hui sera diffusée en simultané durant son programme à des auditeurs d'outre-mer, pour ce faire, la totalité de la conférence d'aujourd'hui sera enregistrée.
Nous aimerions également remercier l'Association interdisciplinaire chinoise qui est parmi nous aujourd'hui. Depuis sa fondation, il y a 19 ans, l'association a lancé une série d'activités interdisciplinaires grâce au soutien de professeurs d'université des alentours de Formose. Environ deux cents personnes qui détiennent un doctorat travaillent actuellement avec l'Association afin de promouvoir des événements d'activités interdisciplinaires divers. Des recherches sur les religions et les activités sud asiatiques, est un grand sujet interdisciplinaire. Nous sommes enchantés que l'Association chinoise interdisciplinaire participe à ce séminaire. L'auditoire d'aujourd'hui est aussi composée de plusieurs autres leaders importants. Bien sûr, nous adressons une attention particulière à l'Académie Sinica qui s'est impliquée dans les séries de conférences, notamment dans les quatre séminaires avec le Maître Suprême Ching Hai. Certains rapports de presse ont démontré leur inquiétude à cet égard et peut-être qu'il s'agissait de quelques légers malentendus. Le professeur Yang Kuo-shu, Vice-président de l'Académie Sinica, ainsi que d'autres importants fonctionnaires de l'administration de l'Académie Sinica m'ont appelé à plusieurs reprises pour discuter de cela. J'aimerais leur exprimer ma gratitude pour avoir surmonté tous les obstacles et accepté une activité de ce genre.
Étant donné que cette activité est d'abord et avant tout académique, nous devons d'abord nous assurer de garder un vocabulaire académique. Maître Suprême Ching Hai a voyagé dans plusieurs pays, et j'ai demandé à ce qu'elle débute sa conférence en parlant de la communauté chinoise d'Asie du Sud-Est. Ensuite, Elle pourra élaborer sur le développement de Son organisation, ainsi que sur les développements relatifs au passé et au présent. Bien sûr, inévitablement, nous ferons mention de Ses enseignements spirituels, mais nous espérons que le Maître orientera davantage Son discours sur les Chinois d'Asie du Sud-Est. En d'autres mots, nous espérons qu'Elle s'abstiendra de parler de quelque doctrine que ce soit ou des activités relatives au partage de la Vérité, des difficultés qui y sont reliées, et des prospectives futures des régions hors de l'Asie du Sud-Est, et de réserver ses sujets pour une autre fois.
Le séminaire d'aujourd'hui comprendra deux séances, chacune d'elle durera environ une heure. Je crois qu'il s'agit d'une occasion précieuse, une que personne n'ait expérimentée nulle part ailleurs dans le monde, même pas au Stade du conté de Taoyuan (lieu où Maître avait donné sa conférence le jour précédent). Alors, essayez d'être concise et de limiter votre sujet de discussion à ce qui gravite autour de l'académie de recherche sur les Chinois du sud-est. Nous espérons rassembler des informations appropriées sur ce sujet avec vous servant de témoins. Le temps est précieux.
Maintenant que j'ai terminé mon introduction, invitons respectueusement le Maître Suprême Ching Hai (qui est appelée ici MSCH) à nous parler de la Méthode Guan Yin et des Chinois d'Asie du Sud-Est.
MSCH :Merci ! Merci beaucoup ! Puisque vous m'avez invitée, laissez-moi débuter tout de suite sans fausse modestie, pour ne pas perdre de temps. Je vous remercie de la confiance que vous m'accordez et de l'honneur que vous me faites. Je me suis toujours senti chez-moi à Formose, alors cette fois-ci mon retour n'a rien de particulier. Il y a longtemps que je n'avais pas visité Formose, car j'étais très occupée à l'étranger.
J'ai donné un discours hier et vous étiez probablement là, et donc vous avez quelques références. Toutefois, puisque j'ai promis de faire ce discours spécial aujourd'hui, je vais rester fidèle aux lignes directrices de notre président et je vais limiter mon discours au sujet du jour. S'il m'arrivait de m'y écarter, je vous demanderait s'il vous plaît de m'aider à corriger la situation.
La plupart d'entre vous savez peut-être pourquoi nous sommes ici, parce que nous avons fait tout un effet à Formose. Je veux dire que le gouvernement et les médias nous ont aidés à devenir très célèbres. [Rires] Bien qu'il y ait des malentendus, ils font néanmoins parti des plans de Dieu. Il fait les choses à Sa façon. Parfois, Ielle laisse les gens vous louer beaucoup pour que vous deveniez célèbre, à d'autres moments, Ielle laisse les gens avoir des malentendus sur vous et cela aussi vous apporte la célébrité. La deuxième façon n'est pas si agréable et nous ne l'aimons pas autant. Cependant, Jésus Christ, par exemple, était incompris par bien des gens et était sujet à d'énormes souffrances, pourtant Il est aujourd'hui vénéré à travers le monde. Le Bouddha Shakyamuni a été mis à l'écart et incompris également par bien des gens lorsqu'Il vivait, par contre, le monde entier Le vénère aujourd'hui. Si ces deux grands Maîtres ont dû endurer des souffrances et de fausses accusations, ce petit peu de souffrance ne devrait pas déranger les gens ordinaires comme nous. Cela nettoie notre karma. Dans notre groupe, nous sommes reconnaissants envers ceux qui nous insultent ou qui nous réprimandent, parce qu'ils nettoient notre karma pour nous. C'est inévitable que nous fassions, à un moment donné ou à un autre dans nos vies, quelque chose qui ne plaise pas à tout le monde et qui créée des malentendus parmi nous. Quand les gens parlent en mal de nous, cela signifie que notre karma est nettoyé, que nous devenons plus prospères, et que nous allons être récompensés après notre mort.
Maintenant je vais parler du développement de nos activités. Bien que nous ayons de nombreux centres dans beaucoup de pays et endroits, nous avons plus de frères et soeurs en Asie du Sud-Est que dans n'importe quels autres endroits. J'entends par frères et soeurs, nos amis pratiquants. Nous nous appelons ainsi entre nous parce que nous pratiquons la même méthode.
Au début, je ne connaissais personne à Formose, mais maintenant tout le monde me traite comme une Formosane. J'en suis très honorée. Hier, je me suis sentie comme si je rentrais à la maison. Lorsque je suis à l'étranger, les gens me présentent comme une Formosane. Lorsque nous apportons de l'aide et des secours dans d'autres régions, ils font référence à nous en tant que groupe formosan. Par conséquent, je vais rester ici en tant formosane. Même lorsque je ne suis pas ici physiquement, mon coeur et mon âme y seront. C'est quelque chose que nous ne pouvons pas changer. Je suis peut-être née ici dans une vie antérieure. Certaines personnes pendant la méditation, m'ont vue en train de manger des feuilles de patates sucrées à Formose dans une vie antérieure. Nous partageons une affinité profonde entre nous.
Même si je ne connaissais pas une seule âme lorsque je suis arrivée ici il y a quelques années, J'ai été très impressionnée par le chaleureux accueil que les gens de Formose m'ont tout de suite réservé. J'ai été ordonnée ici, alors j'ai suivi les coutumes traditionnelles. Je me suis conformée aux règles et m'y suis disciplinée. C'est comme prendre des leçons de conduite et de suivre les consignes de l'instructeur. Nous conduisons aux côtés d'un superviseur qui nous donne des directives que nous suivons de façon stricte et rigide. Dès que nous savons conduire, l'instructeur ne nous est plus indispensable. Nous nous sommes familiarisés avec les règles, ce qui fait que nous pouvons conduire aisément et naturellement.
Les gens d'ici se sont très bien occupés de moi lorsque je suis arrivée. Les temples m'ont accueillie et m'ont bien traitée. Ils m'ont donné de l'argent lorsque j'en avais besoin. J'étais sans le sou à l'époque, mais maintenant j'en gagne un peu. Une fois, j'étais dans un temple à une retraite quand, vers les minuits, environ une douzaine de personnes sont venues frapper à ma porte. J'étais perplexe de les voir arriver à cette heure. Ils sont entrés et m'ont révélé que la Bodhisattva Guan Yin leur avait demandé de venir me voir et que je leur enseigne quelque chose. A l'époque, je connaissais peu de gens, et j'étais dans une retraite. J'étais surprise de voir que ces gens-là connaissaient quelque chose sur moi, mais ils ont dit que c'était la Bodhisattva Guan Yin qui les avait informés. Je n'étais pas prête à enseigner aux autres, mais j'ai commencé à le faire étant donné leur sincérité intense.
Je suis une Formosane, je suis allée aux États-Unis, où je suis restée pendant plus d'un an. Là encore, les gens sont venus me voir, en disant que Dieu leur avait dit de venir me voir dans un temple en particulier. Ce qui a fait que j'ai créé des liens d'affinité avec les Américains aussi. En principe, je ne partageais des liens d'affinité qu'avec les Chinois, mais, lorsque mon visa est venu à échéance, j'ai dû quitter Formose et je suis allée aux États-Unis. Je ne pouvais et ne peux toujours pas rester en permanence à Formose.
Après avoir créé des liens d'affinités avec les Américains, les Formosans m'ont demandé de revenir parce qu'ils m'ont vraiment aimée. J'y ai consenti et je suis restée ici un bon moment, ce qui explique pourquoi notre groupe a grandi et s'est propagé dans tout Formose. C'est une affinité naturelle. J'ai commencé à faire la navette entre Formose et les États-Unis et j'ai, par la suite, aussi voyagé dans d'autres pays.
J'ai des affinités avec les Chinois. En Asie du sud-est, là où il y a des populations chinoises, la nouvelle s'est répandue de bouche à oreille. À ce moment-là, nous n'avions pas encore de documents imprimés ou audiovisuels. On m'a invitée à Singapour, en Thaïlande, en Indonésie, etc. Avant d'atteindre l'Amérique, notre groupe était surtout concentré en Asie du Sud-Est, plus particulièrement dans les régions qui avaient des contacts avec Formose et les Chinois. À Singapour, en Malaisie et en Thaïlande, que nous venons juste de citer, les membres de notre groupe étaient, pour la plupart, confinés aux Chinois qui y vivaient. La plupart des gens là bas sont d'origine chinoise et peuvent parler mandarin ou les dialectes chinois comme le "fukienese" ou le "hakka". Aussi, il existe un dialecte thaïlandais qui est identique à un dialecte chinois. Les gens ont découvert que la langue que l'on parle dans le Nord de la Thaïlande est exactement la même que le dialecte qui est parlé dans une région de la province de Yunan en Chine. Ces deux personnes arrivent à communiquer ensemble. Cela prouve que nous, les Chinois, avons déjà vécu en Thaïlande. Les Singapouriens parlent aussi chinois.
Quand je suis arrivée pour la première fois à Formose, les seuls mots chinois que je connaissais étaient "Est-ce que votre mère va bien?" [C'est une erreur que les étrangers font souvent lorsqu'ils emploient les caractères chinois "Comment allez-vous?" dans une mauvaise phrase.] [Rires] Je ne comprenais pas vraiment la langue. Lorsque des pratiquants seniors chantaient dans les temples le nom "Amitabha," ça sonnait pour moi comme "Ami-tofu". J'étais étonnée de les entendre répéter, toute la journée, le mot "tofu".
Par contre, j'ai vite maîtrisé la langue parce que j'aime beaucoup les Chinois. Ils me traitaient vraiment bien, tout comme une soeur. C'était peut-être dû à des affinités que nous avons eues dans des vies antérieures. Nous arrivions à communiquer parfaitement malgré la barrière linguistique. Mais, puisque je suis restée à Formose, j'ai été obligée d'apprendre un peu de chinois, et je m'en souviens encore un peu. Je ne l'ai pas complètement oublié durant mon séjour à l'étranger. Quoi qu'il en soit, parfois ma langue est liée parce que je n'ai pas parlé chinois depuis très longtemps. Je parle plus couramment l'anglais. J'ai même du mal à parler ma langue maternelle, la langue d'Aulac. Ça fait tellement longtemps que je n'ai pas parlé aulacien que je l'ai presque oubliée.
Comme notre groupe a continué d'évoluer, les centres se sont petit à petit établis partout dans Formose, et des gens se sont portés volontaires pour être des correspondants. De cette manière, nous avons établi plusieurs bases, et nous nous sommes répandus dans d'autres pays, plus particulièrement en Asie du Sud-Est. Puisque le président m'a demandé de ne parler que d'Asie du Sud-Est, je m'en tiendrais qu'à cela et j'ignorerai les autres régions. Nous avons de nombreux correspondants en Asie du Sud-Est ainsi que dans d'autres pays d'Asie.
Comme de plus en plus de gens nous connaissent, et que nos centres se multiplient en grand nombre, il y a une grande augmentation de gens qui demandent à me voir en personne. Puisqu'il m'était impossible d'être physiquement présente partout, nous avons commencé à produire des cassettes vidéo et audio, afin de pouvoir atteindre plus de monde. Ensuite, nous avons imprimé des livrets- échantillon pour les gens qui ne pouvaient pas venir à nous. Par la suite, nous avons aussi conçu des revues. C'est ainsi que notre groupe s'est développé naturellement.
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Maître vivait sous la tente. |
Président: Maître Suprême, permettez-moi de vous poser une question. Nous avons tous un ensemble complet d'information préparé par l'Association Internationale du Maître Suprême Ching Hai. Tout en écoutant Maître, allons à la page 20 "Activités en Malaisie". Racontez-nous s'il Vous plaît quelque chose sur la Malaisie, où la plupart des gens sont musulmans. Comment avez-Vous réussi à promouvoir Vos activités, à partager Votre méthode là-bas, alors que bien des gens ne le pouvaient pas ? Pouvez-Vous s'il Vous plaît élaborer là-dessus ?
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Conférence en Malaisie, 1993. | |
MSCH :La plupart des Chinois sont plutôt traditionnels de nature. La méthode Guan Yin ne fait aucune distinction de religions, elle n'exige pas plus que les gens retirent leurs voiles ou fassent leurs dévotions dans les temples. Nous avons déjà expliqué que la Méthode Guan Yin est un cheminement qui nous conduit vers notre nature divine intrinsèque ainsi qu'au royaume de Dieu qui réside en nous. La religion que vous pratiquez n'a réellement aucune importance.
Nos amis pratiquants de diverses religions méditent ensemble tout en étant vêtus différemment. Les musulmans portent leurs vêtements islamiques, les moines bouddhistes portent parfois leurs robes monastiques. La tenue des moines varie selon leurs pays d'origine. Certains d'entre eux sont de formation Hinayana ou Mahayana, d'autres viennent de Chine et certains de la Corée. Leurs habits ne sont pas les mêmes et ils sont accoutumés à ces différences de costumes. Ils se rassemblent et méditent sans débattre de sujets religieux.
Lorsqu'ils atteignent l'accomplissement de soi, ils deviennent de meilleurs musulmans, de meilleurs bouddhistes ou de meilleurs chrétiens. Ils sont si remplis d'amour et de joie que leur apparence traditionnelle ne nous affecte pas. Bien entendu, comme le président le sait, la Malaisie et certains autres pays musulmans sont plus stricts que Formose et imposent des restrictions à leurs peuples, mais leurs gouvernements ne se mêlent pas de nos affaires. Ils sont assez libéraux. Les musulmans peuvent donc se joindre à nous de leur propre gré. Nous n'avons jamais frappé à leurs portes ni entrepris d'autres actions de ce genre. Ils sont venus d'eux mieux. Nous avions à l'époque inséré une note, dans les prospectus annonçant nos conférences, qui disait : " Les musulmans ne sont pas encouragés à venir. " [Rires]
Le Président : Nous savons tous qu'il y a eu des sentiments d'antipathie envers les Chinois en Indonésie.
MSCH :Cela appartient au passé.
Le Président : C'est juste ! On Vous a quand même permis de donner une conférence dans ce pays en 1992. Cela se trouve à la page 21 des feuillets d'information fournis par l'Association Internationale de MSCH. En Mars 1992, le gouvernement indonésien a autorisé le Maître Suprême Ching Hai à donner, dans ce pays, une conférence comportant une session de questions réponses. Pouvez-Vous nous en dire plus là-dessus ? En 1992, l'antipathie envers les Chinois s'est intensifié et on a interdit la littérature chinoise.
MSCH :C'est exact.
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En 1993, Maître donne une conférence en Indonésie. | |
Le Président : Je séjournais également en Indonésie à cette époque et les livres chinois y étaient proscris. Comment avez-Vous réussi à faire un discours dans ce pays ?
MSCH :J'ai parlé en anglais. Merci, tout de même de vous souvenir de moi. J'avais entièrement oublié les faits que vous venez de mentionner. Cela me semble une histoire ancienne. [Maître rit]
Le Président : Bon! Mais, nous qui sommes assistants en recherche à l'Institut d'Histoire Moderne nous adorons les histoires ! Pourriez-Vous, s'il Vous plaît nous donner plus de détails ?
MSCH :D'accord, mais cela remonte à trop longtemps. Une fois terminées, j'oublie toujours mes conférences. Demandez-moi de quoi j'ai parlé hier, je ne me souviens de rien. Laissez-moi y jeter un coup d'oeil, peut-être quelques souvenirs me reviendront.
Le Président : Écoutons le Maître Suprême.
MSCH :Les expatriés chinois en Indonésie vivaient dans la misère à cette époque. J'ai pleuré en entendant leurs histoires tragiques. Cependant, la bonne volonté est récompensée par un bienfait. En temps voulus les plans seront révélés. Voyez comme les Chinois se portent mieux maintenant. Dieu a Ses plans. Lorsque les gens ne nous comprennent pas ou nous maltraitent, nous devons prendre exemple sur les Chinois pour l'endurance et la tolérance dont ils ont fait preuve face aux humiliations qu'ils ont subies. Nous comprendrons alors qu'effectivement, Dieu prend bien soin de nous. Tôt ou tard, Ielle arrangera la situation pour nous.
A cette époque, les Chinois ne pouvaient pas étudier le chinois. Ils n'avaient même pas le droit de parler leur langue maternelle en public. Ils devaient parler anglais ou indonésien. Toutefois, ils pouvaient parler chinois à la maison. Un de nos riche ami pratiquant m'invita chez lui et nous nous sommes tous entassés dans sa maison. Elle était immense et il y avait beaucoup de pièces. Nous étions dans une pièce grande comme celle-ci. Là nous pouvions parler chinois. J'ai donné mes conférences publiques en anglais. Je ne pouvais pas outrepasser la loi. Puisque l'entrée en Indonésie m'avait été accordée, il me fallait coopérer - tout s'est bien passé.
Le Président : Parlez-nous de Votre voyage en Thaïlande. Référez-Vous à la page 21 une fois de plus. En 1994, Vous avez rencontré la Princesse Sirindhorn au palais impérial de Thaïlande. Pouvez-Vous nous en dire plus ?
MSCH :Cela s'est passé après la conférence. La famille royale était au courant et s'était apparemment concertée avec nos amis pratiquants là-dessus. Je ne sais pas grand-chose des préliminaires. J'y étais sur leur invitation. Dans la majorité des cas, les pratiquants font les arrangements pour moi. Lorsqu'ils m'informent des invitations qu'ils ont reçues pour moi, je m'y rends quand l'horaire le permet. Je crois que la Thaïlande avait été victime d'un désastre, nous avions contribués aux secours et apportés des provisions.
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Conférence en Thaïlande, 1993. |
MSCH :C'est exact. Nous avons fait cela plusieurs fois, pas seulement à cette occasion. Peut-être que la famille royale a été mise au courant de nos dons et souhaitait nous rencontrer. C'était un grand honneur. Nous avons offert quelques cadeaux à la Princesse. Mais quand ils ont voulu organiser une deuxième visite, j'ai dû leur dire " désolée ! " car je n'avais pas le temps. J'avais d'autres choses à m'occuper. Les membres de la famille royale thaïlandaise sont très humbles et très cordiaux. La Princesse est très pure, vous l'aimeriez sans aucun doute si vous la rencontriez. Elle n'est pas prétentieuse du tout. Elle accomplit toutes les tâches qui lui incombent et ne porte pas de maquillage. Le peuple l'aime beaucoup et moi aussi. Mais je n'ai pas eu de temps par la suite.
![]() | En apprenant en 1996 que chaque année en Thaïlande du Nord, le gel tue des personnes, Maître a personnellement encadré des bénévoles pour distribuer des affaires de premières nécessités aux personnes dans le besoin de ces régions. |
Le Président : Allons à la page 22, ça parle des activités en Thaïlande en 1999.
MSCH :C'était en Thaïlande. Nous faisons beaucoup de choses là-bas.
Le Président : Vous menez diverses activités en Thaïlande. L'information fournie parle d'un Congrès Mondial sur le Végétarisme à Chiang Mai. Parlez-nous de Vos centres en Thaïlande.
MSCH :Eh bien, nous en avons beaucoup.
Le Président : Avez-Vous des centres à Chiang Mai, Chiang Rai, Bangkok, et ailleurs ?
MSCH :Oui, nous avons des Centres à Hat Yai, Khon Kaen, et à Bangkok, mais je ne me souviens pas très bien des noms. Les pratiquants se rappellent mieux que moi. Je vais partout. Je ne retiens pas beaucoup. Je travaille si vite parfois que j'en perds la notion du temps. Il me faut alors téléphoner aux amis pratiquants pour leur demander la date, l'heure et ce qu'il faut faire, si nous partons pour le Japon ou si nous restons à Formose aujourd'hui. Parfois, je suis extrêmement occupée, je dois faire mes propres bagages. Voyager seule est peut-être épuisant, mais j'attirerais trop l'attention si je me déplaçais avec une foule de gens. Je préfère voyager discrètement, mais j'ai tellement de choses à penser, que parfois j'oublie tout le reste. Pourtant, je sais que nous avons des Centres à Kohn Kaen, Hat Yai, Chiang Mai et Bangkok. Je ne me souviens pas des autres. Les amis pratiquants sont nombreux en Thaïlande. Certains parlent thaï, d'autres chinois. Leurs traductions ne sont pas trop mauvaises. A mon premier voyage en Thaïlande certains chinois ne savaient pas parler leur propre langue, ils ont vite appris en écoutant mes cassettes audio. Je leur ai même dit en plaisantant qu'ils devraient me payer un salaire de professeur ! Les gens là-bas sont très gentils et bienveillants, ils font preuve d'un grand respect envers ceux qui ont une pratique spirituelle. Une fois qu'ils ont compris que vous êtes un pratiquant spirituel, ils s'agenouillent devant vous et vous offrent des fleurs. C'est un peuple plein d'humilité.
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Conférence à Singapour, 1993. |
MSCH :Plusieurs centaines.
Le Président : Quelle était la situation à cette époque, en avril 1991 ?
MSCH :J'ai rendu visite aux réfugiés et je leur ai acheté des choses pendant mon séjour, mais le but principal de ma visite était de donner une conférence. Les gens sont venus très nombreux et le lieu de conférence était plein à craquer au point qu'il n'y avait pas de place pour circuler. Beaucoup de personnes se sont assises dans les allées ou sur les marches des escaliers. Tout comme hier. Il y avait encore plus de monde et c'était archi comble. (Maître fait référence à Sa conférence du 5 mai au Stade du conté de Taoyuan à Formose). Tout s'est bien déroulé à Singapour. Le gouvernement de Singapour est large d'esprit, les gens étant spirituellement avancés, ils nous ont acceptés immédiatement. Leur pays est très propre, les lois sont respectées. Si vous crachez votre chewing-gum dans la rue vous êtes passible d'une amende de 500$ US. Les gens arrivent à pratiquer leur spiritualité de façon régulière. Une fois la pratique entamée, ils continuent. Ils comprennent tout dès la première explication. La sagesse du peuple de Singapour ne fait que croître. J'en suis enchantée !
Le Président : Qu'elle est la méthode la plus importante qu'ils comprennent ? Quel en est l'essentiel ?
MSCH :Je leur parle en toute simplicité. [Rires]
Le Président : Mais ça ne marche pas lorsque je parle simplement, moi !
MSCH :Ils sont plutôt intelligents ! [Rires]
Le Président : Fort bien, parlons maintenant des Philippines. Vous étiez aux Philippines en avril 1991 pour aider les Aulaciens qui cherchaient asile. Première question : Pourquoi utilisez-Vous le terme " Au Lac " au lieu de "Vietnam "? Deuxième question : Pourquoi à Manille Vous a-t-on remis les Clés de la Ville et accordé la Citoyenneté à titre honorifique ?
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Interview de Maître par plusieurs membres des médias aux Philippines en 1994. |
Le Président : Elle ne sera valable que si le gouvernement local me la remet. Venant de Vous, ça peut se faire aussi, je suppose !
MSCH :Nous pouvons la partager.
Le Président : Retournons maintenant aux réfugiés d'Au Lac. Veuillez nous en dire plus car Vous êtes également originaire d'Au Lac. Nous parlerons d'Au Lac en plus de détails plus tard.
MSCH :A cette époque je négociais au nom des réfugiés aulaciens pour obtenir que le gouvernement des Philippines les aide et leur offre l'asile. A la fin le pays a accordé refuge à 5000 réfugiés qui vivent encore aux Philippines. Les gens du pays ont bon coeur et sont généreux, malgré la pauvreté de leur pays. Par conséquent, je leur ai rendu visite il n'y a pas longtemps afin de leur exprimer notre gratitude.
| En 1992, Maître rencontre Mme Corazon Aquino, présidente des Philippines pour discuter du statut des réfugiés aulaciens. | |
| En 1992, Maître rencontre Mme Imelda Marcos des Philippines. | |
Le Président : Au Lac a été ravagé par des inondations et deux millions de gens ont été touchés. Quelle aide avez-Vous fournie ? D'où venait cet argent ? Cette question de secours de première nécessité est très importante aussi dois-je être direct.
MSCH :Je ne m'en souviens pas beaucoup car cela remonte à très longtemps. Ce n'est pas que je ne veuille pas en parler, mais j'ai perdu le compte du nombre de pays que nous avons aidés et de la quantité de provisions que nous avons donnée. Quelqu'un se souvient-il des chiffres ? Je ne m'en rappelle pas.
Le Président : Ce que je voulais dire c'était : avez-Vous fait des souscriptions pour ce don ?
MSCH :Vous voulez savoir d'où venait cet argent ?
Le Président : Tout à fait !
MSCH :En bien, nous l'avons retiré de la banque. [Rires] Il le fallait ! Ce serait très dangereux de garder une si grande somme d'argent à la maison. [Rires] Notre argent provient en grande partie de notre travail. Je crée des vêtements et autres articles. J'avais créé une variété d'habits à l'époque. Maintenant je crée des vêtements plus coûteux. J'avais créé des articles de moindre envergure à cette époque. Pratiquant la spiritualité, nous ne mangions que deux repas végétariens par jour. La vie était fort simple. Nous vivions dans des tentes et n'avions pas beaucoup d'habits, juste deux ou trois de rechange. Nous avions ainsi économisé la plus grosse part de ce que nous gagnions et l'avions utilisé pour aider les réfugiés. Un ami pratiquant s'est porté volontaire pour livrer les fonds. Nous n'acceptons pas directement les contributions des pratiquants. S'ils désirent offrir une contribution, ils la font parvenir directement aux pays affectés. Nos pratiquants de Formose ont fait des dons financiers aux Philippines, à d'autres pays et bien d'autres lieux. Formose est bien connu pour ses secours suite aux désastres. Nous sommes connus à travers le monde comme étant le Groupe de Formose.
Le Président : L'Association Internationale du MSCH peut-elle nous dire comment les fonds ont été générés et à quoi ont-ils été utilisés ? C'est là une question très importante. Nous pouvons cependant la soulever pendant le forum car certains membres importants de l'Association seront sans doute présents. Continuons car le temps est précieux. Il nous reste encore le Cambodge. Pouvez-Vous nous parler du Cambodge ?
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En 1996, Maître rencontre son Altesse Royale, le Roi Sihanouk du Cambodge. |
Le Président : Les deux dernières questions portent sur le Cambodge. L'article 6 parle de la retraite de 1996. Pourriez-Vous nous expliquer cette retraite et nous donner une brève introduction.
MSCH :Chaque année, nous nous donnons le temps de nous asseoir tranquillement pour faire de l'introspection et pour renforcer notre réalisation intérieure, car Dieu demeure en chacun de nous. Tel est l'objectif d'une retraite. Nous laissons tout de côté pendant quelques jours, trois, cinq ou sept jours, selon la situation, et nous nous concentrons entièrement sur notre Nature Divine et sur la présence de Dieu en nous. Cela s'appelle une retraite. Nous faisons des retraites chaque année dans différents pays. La dernière était en Thaïlande, il y en aura une en Corée la semaine prochaine. Nous les faisons pour notre bénéfice et pour la paix dans le monde. Lorsque nous sommes réunis, la force est plus grande et cela est mieux pour prier. C'est la raison d'être d'une retraite.
Le Président : Il me semble qu'environ trente-cinq minutes se sont écoulées. Durant la première session j'ai posé au Maître Suprême Ching Hai des questions simples sur les activités du peuple chinois dans le Sud-Est asiatique. Le Professeur Ruann Jy-cheng de l'Université nationale de Taiwan va maintenant nous donner ses commentaires. [Applaudissements]
Le professeur Ruaan : Je suis aussi enthousiasmé que chacun de vous de la présence du Maître Suprême Ching Hai parmi nous. Peu de gens, pas même les présidents, ne s'attendaient à l'honneur de la présence du Maître Suprême Ching Hai parmi nous, aujourd'hui. pour ma part j'en suis particulièrement honoré. Mes commentaires seront directement liés aux thèmes de notre séminaire - Le Maître Suprême Ching Hai, la Méthode Guan Yin, et les Chinois dans le Sud-Est asiatique. Le thème est subdivisé en deux parties : l'une couvre le Sud-Est asiatique. Des experts et des érudits sont présents parmi nous. Notre Président, le Professeur Chu est un expert qui étudie les Chinois d'outre-mer, notamment les communautés et les religions chinoises en Indonésie. Il a publié plusieurs articles sur ce sujet. Nous avons également des spécialistes de l'Institut des Religions à Taiwan et du Projet de recherche sur le Sud-Est asiatique, orateurs plus compétents que moi sur le sujet des Chinois dans le Sud-Est asiatique. Par conséquent, mes commentaires porteront principalement sur le Maître Suprême Ching Hai et sur la Méthode Guan Yin.
J'ai revu le matériel fourni par l'Association de MSCH avant le séminaire et écouté un discours du Maître Suprême. A mon impression, la méthode Guan Yin et son leaders sont très spéciaux, on pourrait même dire qu'ils sont "d'une variété différente". Ils sont franchement uniques. Mes observations générales me disent que les actes et les paroles de ce leader ont souvent dépassé les frontières et les normes, car non conformes aux codes sociaux qui nous sont familiers. Elle est très différente et au-dessus des étiquettes générales. Pour cela il est très difficile pour les gens de La comprendre et de La classifier en vertu des concepts actuels et des normes coutumières. Aux yeux du monde, le Maître Suprême Ching Hai diffère grandement des autres leaders religieux. Le Maître Suprême Ching Hai est une Dame asiatique originaire d'Au Lac. Elle a donné des conférences dans les cinq continents en chinois, en anglais, en aulacien et même en allemand et en français. Elle connaît bien les écritures des principales religions et sait expliquer des doctrines avancées avec aisance et en termes simples.
Le Maître Suprême initie à la Vérité les aspirants issus de n'importe quel groupe ethnique ou religion sans leur demander d'abandonner la foi qu'ils avaient embrassée. Elle enseigne une méthode de libération qui va au-delà du matériel. Elle est aussi très touchée par la souffrance dans le monde et offre des secours et se livre à des activités charitables lorsque le besoin s'en fait sentir. Elle enseigne la Méthode Guan Yin, une méthode simple et apparemment nouvelle qu'elle dit être la plus ancienne et la plus magnifique. Ses disciples doivent observer les Cinq Préceptes et demeurer végétariens toute leur vie, ils doivent aussi méditer durant deux heures et demie chaque jour. Ils sont encouragés à pratiquer la voie du milieu, à éviter les extrêmes et à mener une existence imbue de Vérité, de vertu et de beauté. D'autre part, tout en donnant des conférences sur la Vérité, Elle écrit des poèmes, compose des chansons, joue des instruments de musique, récite des poèmes, chante des chansons, peint, fait de la cuisine végétarienne et compile des ouvrages de recettes végétariennes.
MSCH :C'est très important pour les Chinois !
Le professeur Ruaan : Elle est également créatrice de mode et de bijoux. Elle a organisé des expositions d'oeuvres d'art, des défilés de mode et des fêtes musicales dans plusieurs des plus grandes villes du monde. Les gens ont de la difficulté à détecter Ses caractéristiques spirituelles et sont même sceptiques quant à Sa pratique de la spiritualité. [Rires] Elle offre de l'aide financière et voue toutes Ses actions à offrir aux nécessiteux dans le monde entier une aide à la fois matérielle et spirituelle. Elle ne construit ni temples ni églises et n'accepte aucune offrande. Les disciples du monde entier aimeraient qu'Elle demeure avec eux le plus longtemps possible, mais Elle préfère aller de par le globe sans domicile fixe, refusant de s'installer dans un lieu donné. C'est avec une intense compassion pour l'humanité qu'Elle aide les gens de tout Son coeur et qu'elle les gronde parfois du plus profond de son amour pour eux. Elle a été appelée "le Maître qui réprimande les gens". A une époque où les gens se montrent pessimistes sur la dernière étape du Dharma ou tremblent de peur à l'idée de la fin du monde, Elle parle avec un esprit élevé d'avancer vers un nouvel âge d'or. Bien qu'il soit dit qu'Elle ait atteint l'ultime illumination au fin fond de l'Himalaya, Elle veut convaincre les gens qu'il n'est pas nécessaire de faire de l'ascétisme dans les montagnes après avoir reçu l'initiation, car il est possible d'atteindre l'illumination en pratiquant à la maison. Elle a le pouvoir d'attirer des milliers de disciples et de les faire traverser le globe pour assister à des retraites internationales. [Rires]
MSCH :Nous semblons avoir des pouvoirs surnaturels.
Professeur Ruaan : C'est drôlement plus impressionnant que ceux qui voyagent de part et d'autre de Formose. [Rires]
MSCH :Professeur, nous pratiquons des pouvoirs surnaturels !
Professeur Ruaan : Des milliers de gens assistent à leurs assemblées. Très souvent, Elle doit rencontrer des chefs politiques dans différents pays tout en menant des activités charitables ou du travail humanitaire. Toutefois, Elle prétend avoir un naturel timide, et aimer vivre une vie libre, facile et simple. Selon l'occasion et le pays où Elle se trouve, Elle porte des vêtements pleins d'imagination qu'Elle a Elle-même créés ou des habits traditionnels des différents pays qu'Elle visite. Elle apparaît dans différents styles ou sous différentes formes, comme une femme aux mille visages. C'est précisément pour cette raison qu'Elle provoque souvent des malentendus parmi les gens et est la cible de critiques. Néanmoins, Elle continue d'agir à sa façon, supportant tout cela en silence et jouant Son rôle. Elle prétend que la Méthode qu'Elle enseigne est la plus ancienne, tout en offrant aux gens une impression de grande modernité. Elle attend même de ses disciples qu'ils deviennent des pratiquants spirituels modernes. Toutes ces choses uniques, transcendantales et hors du commun qu'Elle fait élargissent les opinions des gens et les rendent perplexes en même temps. Nous pouvons comprendre la perplexité et les doutes des gens ordinaires, mais nous ne pouvons nier qu'Elle enseigne aux gens à faire de bonnes actions et à s'élever tant sur le plan matériel que spirituel. Nous n'arrivons pas à trouver un trait négatif en Elle. Nous devons convenir que pour le public en général, pour les chercheurs religieux et pour les pratiquants spirituels le Maître Suprême Ching Hai et la Méthode Guan Yin offrent un nouveau message et un nouveau choix. C'est déjà là une chose profitable, peu importe ce que c'est.
MSCH :Merci.
Le professeur Ruaan : Une société ouverte et pluraliste accueille toute forme nouvelle pourvu qu'elle soit inoffensive. Je pense que le Maître Suprême Ching Hai nous a apporté une toute nouvelle sensation ! Et Ses nombreuses contributions sans pareil ont procuré plus de choix libres pour la société, rendant notre culture sociale plus riche et plus colorée. Finalement, je voudrais remercier Maître Suprême Ching Hai. Que Dieu soit avec Vous ! Demandons à Maître Suprême Ching Hai de dire quelques bonnes paroles à Dieu pour Formose, pour le peuple de Formose et celui de la Chine continentale, et pour l'humanité. [Applaudissements] Pour continuer, j'aimerais poser quelques questions. La première concerne la nature et la définition religieuse. Cette question comprend trois parties. Première partie : le public en général et les chercheurs religieux considèrent la Méthode Guan Yin comme une nouvelle religion. Le président a lui aussi fait référence à Votre groupe comme étant le groupe religieux Ching Hai. Est-ce que la Méthode Guan Yin est une religion ? C'est la première partie de ma question.
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La Méthode Guan Yin est un chemin qui nous mène à notre Nature Divine et le Royaume des Cieux intérieur. |
Professeur Ruaan : Le public en général ou les érudits religieux font référence à votre groupe comme étant la Méthode Guan Yin ou le groupe religieux Ching Hai. Acceptez-vous le nom de "groupe religieux Ching Hai" ?
MSCH :Évidemment, vous avez le droit de nous appeler comme vous voulez. Néanmoins, puisque nous nous ressentons comme un groupe dévoué à la seule connaissance de notre Soi Véritable, nous ne voulons pas créer une autre religion. Nous craignons que cela puisse avoir un impact ou créer d'autres controverses religieuses. Nous voulons seulement connaître notre Nature Divine, notre plus grande qualité intérieure, aussi nous ne croyons pas qu'il faille nous donner une étiquette. Cependant, c'est correct si vous nous appelez pratiquant de la religion Ching Hai. Mais nous n'imprimerons pas cela sur nos cartes !
Professeur Ruaan : La seconde partie de ma question concerne le fait que Vous ne Vous réclamez d'aucune religion.
MSCH :C'est vrai.
Professeur Ruaan : Alors quelle est la relation entre la Méthode Guan Yin et les autres religions ? Je ne suis pas sûr que Vous n'ayez pas déjà répondu à cela dans la première partie de la réponse à ma question, alors pourriez-vous élaborer davantage ?
MSCH :Laissez-moi élaborer. J'ai expliqué qu'au début, il n'y avait pas de religion. Avant que ne vienne le Bouddha, il n'y avait pas de Bouddhisme, avant que ne vienne Jésus-Christ, il n'y avait pas de Christianisme, avant que ne vienne Mahomet, il n'y avait pas d'Islam. Toutes les personnes illuminées sont ici pour agir selon la volonté de Dieu et transmettre cette méthode de libération aux gens qui sont prêts à retourner à la Maison. Après que les Maîtres et leurs disciples soient morts, les gens des générations suivantes ne savaient que très peu de choses à propos des enseignements des Maîtres, et donc les lignées se sont brisées. Les gens adoraient des statues ou des enseignements oraux sans avoir le pouvoir de la transmission de coeur à coeur. Alors, lentement, les religions se sont formées. Toutefois, la Méthode Guan Yin est la plus ancienne et la seule voie du retour à la Maison. Vous n'avez qu'une seule voie qui vous ramène à la Maison. C'est comme ça.
Professeur Ruaan : Voici maintenant la troisième partie de ma question. Nous avons entendu parler de la transmission de la Méthode Guan Yin à Formose et à l'étranger. Y a-t-il une différence entre ces autres méthodes Guan Yin et la Méthode Guan Yin transmise par Vous ? Je soulève ce point à cause du thème du séminaire qui est "Le Maître Suprême Ching Hai, la Méthode Guan Yin... "
MSCH :Ce sont d'autres gens qui l'ont nommé de cette manière. Lorsque nous pratiquons la Méthode Guan Yin, nous écoutons intérieurement notre Soi, c'est ça, nous contemplons le courant du Son intérieur, notre Nature Originelle et notre Nature Divine. Si un autre groupe enseigne la même chose, alors ils enseignent aussi la Méthode Guan Yin, excepté qu'ils peuvent appeler cela par un autre nom, comme "le Courant de Son", "La voix intérieure de Dieu" ou "Le Verbe". S'ils peuvent nous faire entendre notre Nature Divine intérieure, notre Royaume des Cieux intérieur, et voir la Lumière intérieure, alors leur méthode est la même que la nôtre.
Professeur Ruaan : La question suivante concerne Votre organisation. Pour autant que nous sachions, qu'il s'agisse de l'ancien catholicisme ou du Tao I-kuan nouvellement établi, chaque religion a une vaste église et une vaste organisation, une hiérarchie rigoureuse et des titres pour chaque rang. Par exemple, dans le catholicisme, nous avons les cardinaux, les archevêques, les évêques et les pasteurs entre le Pape et les prêtres. Dans le Tao I-kuan, nous avons le patriarche, la matriarche, les chefs prêtres, les maîtres initiés, les maîtres-autels et les maîtres d'introduction. Avec leur organisation massive et leur hiérarchie bien implantée, ces religions peuvent mobiliser leurs membres rapidement et efficacement. Cependant, ceci peut aussi donner naissance à une bureaucratie. C'est ce qui arrive habituellement. La Méthode Guan Yin est pratiquée actuellement par des disciples sur les cinq continents du monde. Je ne suis pas certain de bien me figurer la chose, mais il doit y en avoir au moins plusieurs centaines de milliers et je crois que le nombre ira en augmentant dans l'avenir. Selon nos observations et les informations que j'ai rassemblées à l'aide de la documentation écrite, il n'y a qu'un seul titre officiel - le messager Guan Yin - entre Vous, le Maître, et les disciples de Votre groupe. Le groupe de la Méthode Guan Yin ne semble pas être hautement organisé. Toutefois, est-ce possible pour une organisation comme la Vôtre, qui n'est pas rigoureusement organisée, de s'engager dans le partage de la Vérité sur une large échelle ? Et cela peut-il durer ? Pour le moment, cela semble être positif, puisque Vous tenez de gigantesques rassemblements. Je pense que c'est dû au charisme personnel du leader, mais cela peut-il durer longtemps ? Pouvez-Vous nous faire partager Vos vues et Vos pensées là-dessus ?
MSCH :Merci beaucoup. Votre question est très claire. Vous n'avez rien oublié. Peut-être que vous êtes très illuminé. Le fait est que nous ne croyons pas aux organisations hiérarchiques, aux positions bureaucratiques. "Messager Guan Yin" est un simple titre qui s'est fait pour faire comprendre aux gens que cette personne est autorisée à leur donner les instructions verbales relatives à la Méthode Guan Yin. Cependant, la transmission intérieure réelle se fait dans le silence total, venant de Dieu, de l'intérieur, de coeur à coeur. Elle n'est pas donnée par le Messager Guan Yin, qui est là seulement pour donner les instructions verbales. C'est pourquoi il ou elle est appelé(e) un "messager"
Nous n'aimons pas tellement les titres pompeux. J'ai déjà personnellement trop enduré le titre de "Maître Suprême". Je ne veux pas que d'autres soient aussi la cible de critiques. Nous insistons sur l'humilité et la pratique personnelle, sans aucun désir de positions. Bien que nous ayons plusieurs membres qui travaillent dans notre groupe, nous les voyons rarement recevoir des honneurs en public. Les groupes de travail, comme l'équipe vidéo, ont fait beaucoup de travail, mais les noms spécifiques ne sont jamais mentionnés. Plusieurs personnes sont impliquées dans l'impression de livrets échantillons et de textes sacrés, mais aucun remerciement ne leur est fait. Parfois les noms sont listés, mais seulement lorsque c'est requis par la loi d'un pays en particulier. C'est mieux de rester dans l'ombre. Cependant, les noms doivent être divulgués si c'est réellement nécessaire que les autres les connaissent. Ils sont dévoilés quand nous n'avons pas le choix, mais les gens impliqués ne sont pas intéressés par une position titrée. Ils sont conscients de leur propre grandeur intérieure sans avoir à l'afficher.
Professeur Ruaan : Alors, s'il y a une quelconque pression, le Maître Suprême l'endossera seule.
MSCH :C'est mieux de cette façon, pour que tous les autres puissent être libres et à l'aise.
Professeur Ruaan : Ma question se termine là. Professeur Chu.
Le Président : C'était excellent. Remercions le Professeur Ruuan pour ses questions et son commentaire brillants et aussi le Maître Suprême pour Ses réponses franches. Laissez-nous peut-être changer l'horaire un petit peu. Je suis sûr que toutes les personnes présentes sont très intéressées à exprimer leur point de vue, à poser quelques questions au Maître Suprême, ou à consulter notre journaliste. Si on prenait maintenant les questions de l'auditoire ? Très bien, Madame ?
Q : C'est une suite à la question posée précédemment par notre président. Maître Suprême Ching Hai a insisté sur le fait qu'Elle n'accepte aucune offrande. Cependant, Elle a réalisé plusieurs actions charitables de par le monde, ce qui n'aurait pu être accompli avec une petite somme d'argent. Elle a seulement mentionné qu'Elle confectionne des chapeaux et des vêtements. Ces articles sont-ils vendus aux disciples seulement ou au public ? Les montants de ces ventes sont-ils suffisants pour aider tant de sans-abri, ou de victimes d'inondation en Amérique, et de calamités naturelles dans le Sud-Est asiatique ? Pouvez-Vous expliciter davantage Vos sources financières ?
MSCH :Je n'accepte aucune offrande. Cependant, si un désastre survient et que nos disciples veulent envoyer des contributions ou des provisions de secours aux victimes, ils peuvent unir les leurs avec les nôtres en paquets ou en plus grandes quantités. De cette façon, chacun de nous, incluant les disciples, nous contribuons ensemble.
Le journaliste : Excusez-moi, mais j'aimerais continuer sur cette question. Nous sommes au courant que dans le passé, Vous avez fourni de l'aide en plusieurs endroits et montré Votre compassion à beaucoup de gens. Cependant, nous ne Vous avons pas vue dans les régions frappées par le tremblement de terre du 21 septembre 1999. Voudriez-Vous, s'il Vous plaît, nous dire si Vous avez participé au travail humanitaire fait à l'occasion de ce désastre ou si Vous avez donné une assistance de quelque autre manière ?
MSCH :Aussitôt que j'ai vu les nouvelles à la télé, aux États-Unis, j'ai essayé d'appeler mais je ne pouvais pas joindre les pratiquants correspondants, car leurs lignes étaient toujours occupées. C'était très difficile d'obtenir la ligne sur le réseau téléphonique, à ce moment-là. Finalement, je me suis débrouillée pour contacter Frère Lin, qui n'est pas un pratiquant correspondant. Je lui ai demandé de mobiliser tout le monde rapidement et de fournir toute l'assistance financière et matérielle qu'ils pouvaient offrir. Notre groupe était dans tous les lieux qui avaient besoin d'aide et était déjà dans les régions affectées le tout premier jour. Frère Lin, peux-tu en parler ?
Le Président : Voudriez-vous vous présenter, s'il vous plaît, avant d'entrer dans les détails ?
Frère Lin : Mon nom est Lin Shu-lin et je demeure à Tainan. Le matin du tremblement de terre du 21 septembre, j'ai reçu un appel de l'étranger de Maître Suprême Ching Hai. Elle disait qu'Elle avait essayé d'appeler depuis près de deux heures sans pouvoir obtenir la communication. Alors Elle m'a finalement téléphoné en me disant : "S'il te plaît, mets sur pied une équipe de secours immédiatement, et donnes rapidement de l'aide à toutes les régions qui sont dans le besoin. Rassemblez toutes vos forces et offrez le plus d'aide le plus rapidement possible. "
C'est la première chose que je voudrais éclaircir : Maître Suprême s'est sentie très concernée par ce désastre à Formose. Alors, comme je transmettais Son message d'inquiétude aux membres pratiquants à travers Formose, j'ai dû leur faire savoir qu'Elle était très inquiète après le tremblement de terre. Même si Elle ne pouvait pas donner Son attention et Son réconfort à chacun personnellement, Elle voulait transmettre Sa profonde considération de la situation. Aussi, j'ai demandé aux centres locaux de contacter leurs membres et de préparer une équipe volante motorisée. Le soir du tremblement de terre, nous avions rejoint Chungliao. Là, nous avons laissé un message sur le tableau d'affichage de la station de police locale, qui disait : "Si votre région a besoin d'aide ou de soutien, veuillez nous téléphoner à tel ou tel numéro. " Nous avons laissé les numéros de téléphone de nos correspondants du centre de Nantou et de Taichung, qui étaient les plus proches de l'épicentre du tremblement de terre.
![]() | Après le tremblement de terre du 21/09/1999 à Formose, les amis initiés ont apporté leur aide de toutes les manières possibles aux régions affectées. |
Le Président : Maintenant, laissons le directeur de l'Association Internationale du MSCH développer là-dessus et ensuite nous demanderons à ce monsieur tout au fond de nous dire ses commentaires.
Frère Ke : Permettez-moi de me présenter. Je suis l'ancien directeur de l'Association. Mon nom est Ke. J'ai participé personnellement aux oeuvres humanitaires dans les régions touchées par le séisme. Sur l'appel de M. Lin, nous nous sommes rendus dans les régions touchées, et nous avons été le premier groupe à arriver. À ce moment, le Centre de commandement de Nantou n'avait aucun téléphone, alors nous leur avons donné les nôtres.(1) Nous avons aussi organisé une équipe de fouilles (2), puisque nous n'avions vu personne le faire lorsque nous sommes arrivés.
En général, nous nous sommes occupé des problèmes les plus urgents et des toutes premières priorités. Nous avons demandé immédiatement à nos membres d'acheter toutes les tentes disponibles chez des grossistes et des fabriques des environs. Vous avez dû entendre à la télé que toutes les tentes de Formose avaient été vendues. C'est parce que nous les avions toutes achetées, entre 900$ NT et 6 000$ NT chacune. Nous avons acheté un total de quatre ou cinq milles tentes. Puisque nous avions participé à plusieurs retraites tenues par Maître au cours des années, nous nous y connaissions bien en tentes.(3) Nous avons aussi acheté des bâche. Si vous êtes allé dans les régions sinistrées, vous avez dû apercevoir des bâches en plus des tentes, elles ont été fournies par nous. Quand les tentes sont devenues impossibles à trouver dans Formose, nous avons appris que plusieurs groupes de charité ont commandé des tentes outre-mer, à Hong Kong et aux États-Unis, et ont fourni plus de tentes par avion.
Pour les régions touchées par le séisme qui étaient inaccessibles en voitures, nous avons mobilisé des pratiquants pour grimper les montagnes et s'y rendre à pied. Nous avons organisé une équipe médicale pour soigner les blessés dans les régions affectées avant qu'aucune équipe de télévision ou autre groupe ne soit sur place, avant les autres groupes de charité.(4)
Les 10 millions $ NT mentionnés plus tôt faisaient seulement référence à la première contribution en liquide de notre groupe. Si nous avions inclus tout le matériel de secours que nous avions fourni, le montant serait plus proche de 20 millions $ NT. Puisque nous sommes un groupe spirituel, nous faisons ces choses naturellement, sans avoir l'impression que nous sortons de l'ordinaire pour le faire. Les gens peuvent trouver cela très étrange, parce que cela semble être une énorme quantité d'argent et nous semblons être une organisation très serrée. Laissez-moi vous donner quelques autres informations. Maître nous enseigne toujours d'agir comme Jésus-Christ : lorsque nous donnons avec notre main gauche, nous ne devrions même pas laisser notre main droite le savoir. Aussi, nous ne considérons pas ce genre d'actions comme ayant une grande importance. C'est le premier point que j'aimerais souligner.
Le deuxième point a trait à la manière dont nous mobilisons notre groupe lors d'opérations de secours. La plupart des organisations ont un dirigeant ou un groupe de dirigeants, alors comment était-il possible pour les disciples de Maître, lorsqu'ils ont participé à cette opération de secours suite au désastre, d'arriver dans les régions affectées avant d'autres grandes organisations ? D'après moi, c'est parce que nous sommes tous reliés à Dieu, donc notre seule organisation est Son organisation. Ce qui revient à dire qu'Ielle est relié à chacun de nous, avec chacun des disciples de Maître. L'inquiétude bienveillante et l'anxiété de Maître à propos des régions sinistrées nous ont conduit à agir de notre propre initiative. Juste un appel de Sa part, et tout le monde était là. C'était tellement incroyable, nous sommes partis sans savoir qui d'autre serait là, si des médecins étaient présents ou si des transports étaient disponibles.
Avant qu'aucune autre automobile ne soit arrivée, nous avions déjà formé une équipe de Jeep. Plus tard, nous avons vu plusieurs équipes de Jeep dans environ une douzaine de municipalités affectées. Je voudrais vous informer que notre équipe de Jeep a assumé le Centre de secours. Nous avons aussi monté un système radio HAM. Les systèmes de communication utilisés par certaines associations de secours étaient en fait les nôtres. Pourquoi avons-nous ces systèmes ? C'est parce que nous avons souvent des retraites dans les montagnes avec Maître, alors nous devons nous occuper des problèmes de communication dans les régions éloignées. Beaucoup de personnes se rendent à ces retraites, où nous avons besoin de nourriture, de provisions, de commodités, et de communication avec l'extérieur, alors nous avons dû développer des systèmes de communication afin d'être bien équipés. Beaucoup d'entre nous ont reçu un entraînement au Directorat Général des Télécommunications de Formose, donc nous savions comment monter un équipement radio. Nous avons envoyé tous nos générateurs électriques et notre équipement radio dans les régions sinistrées après le tremblement de terre. Nos membres étaient déjà là quand tout était dans le chaos, avant qu'aucun autre groupe de charité n'arrive, on avait monté des tables et des chaises, ou des provisions de secours étaient déjà arrivées au Centre de Commandement de Secours de Nantou. Plus tard, quand nous avons vu d'autres groupes de charité arriver sur place, nos membres se sont rapidement dispersés pour aider dans des endroits que les autres groupes ne pouvaient atteindre. Je dois souligner encore que nous faisions ces choses sans avoir l'impression que nous sortions de l'ordinaire pour le faire. C'était plus important pour nous de nous trouver là où on avait le plus besoin de notre aide au lieu d'apparaître là où étaient les médias.
(1). Le "téléphone" que nous avons fourni n'était pas un téléphone ordinaire ; c'était un téléphone sans fil qui retransmet tous ses appels à une ligne téléphonique de l'extérieur. La plupart de lignes téléphoniques à Nantou étaient hors d'usage à ce moment-là. Les Associations de secours de Taichung et de Taoyuan, qui se sont engagées dans une opération conjointe à Chungliao, Chichi, et à Puli dans le conté de Nantou utilisaient une installation de poste de télécommunication et les connexions téléphoniques que nous avons fournies.
(2). Notre équipe d'excavation était équipée de douze véhicules, dont trois excavateurs, un bulldozer, trois tracteurs, deux camions de 35 tonnes, un camion de 8 tonnes et deux Jeeps. Ces véhicules ont été répartis sur les régions les plus affectées de Chungliao et de Chichi pour ouvrir les routes et nettoyer les débris provenant des rues et des édifices effondrés. Ils ont aussi aider à nettoyer un site qui a servi de station de police temporaire et à ouvrir les routes entre les villages. Au début, alors que les rochers détachés tombaient encore, le travail d'excavation était très dangereux. Les équipes de travail ont bravé la pluie et les secousses post-tremblement de terre pour ouvrir les chemins entre les villages à Chungliao, afin que la compagnie d'Électricité de Taiwan puisse accéder à ces régions pour réparer les câbles électrique endommagés. Les rues bloquées se sont finalement ouvertes vers les 3 heures du matin, au coût de 2 supports de deux chenilles des excavateurs qui se sont brisés.
Lorsque les membres de l'équipe ont quitté la montagne, les villageois ont voulu exprimer leur gratitude envers eux pour avoir risqué leurs vies pour rétablir les chemins, et ils ont collecté un peu d'argent pour préparer un buffet. Les villageois venaient juste d'avoir un désastre et avaient désespérément besoin d'argent à ce moment-là, alors l'équipe de travail ne voulait pas qu'ils dépensent leur argent pour un buffet, et ils ont proposé de payer le repas. Mais les villageois ont refusé d'accepter l'argent. Alors l'équipe de travail a décidé d'acheter leurs chiens comme excuse. Mais encore une fois, les résidents locaux ont encore refusé d'accepter l'argent. Ils étaient des victimes humaines et eux étaient des chiens ont-ils dit, en nous remerciant de leur avoir garder leurs chiens. Un des chiens s'appelaient "Ah Chung" et l'autre "Ah Liao" au nom de leur canton "Chung-Liao." L'histoire de Ah Chung et de Ah Liao a accentué notre respect pour les réflexions sur la vie, et révèle complètement la splendeur des actes humanitaires chaleureux, ce qui nous fait comprendre que nous vivons tous dans la bénédiction de Dieu.
Notre équipe d'excavation a travaillé pendant sept jours. Après que les routes aient été ouvertes, une grande partie du travail qui a suivi concernait des choses touchant les droits légaux et humains, comme déterminer l'état des maisons affectées - pour savoir si elles devraient être détruites partiellement ou complètement, et la compensation que les occupants devraient recevoir. Par conséquent, le gouvernement a alors pris complètement la relève du travail de secours. Nous avons accompli nos devoirs au moment le plus crucial. Nous avons aussi laissé 95 barils de carburant diesel de 200 litres chacun, pour les groupes militaires et civils, et pour la mairie du canton rural de Chungliao, qui ont continué à faire le travail de secours à Puli.
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Les victimes du tremblement de terre à Formose utilisent les tentes fournies par l'Association Internationale du Maître Suprême Ching Hai. |
(4).La journée même du tremblement de terre, nous avons monté deux centres de secours, l'un dans notre centre de Taichung, et l'autre dans notre centre de Nantou. Le centre de Taichung a facilité la collecte des fournitures de secours et le déploiement des pratiquants bénévoles dans tous Formose. Nous avons tracé une route de secours depuis Taichung et envoyé des équipes en voiture dans chaque canton rural et urbain. Comprenant Tali, Taiping, Wufeng, Fengyuan, Shihkang, Hsinshe, et Tongshih. Le centre de Nantou était responsable des opérations de secours dans treize villes et villages à Nantou, comprenant Chungliao, Chichi, Chushan, Hsinyi, Luku, Shuangwen, Kuohsing, Yuchih, Puli, Jenai, Wushe, et Tsaotun.
Les approvisionnements d'électricité et d'eau ont été coupés à Nantou, et c'était à ce moment-là très difficile de s'en procurer. Bien que Taichung ait aussi été touchée par le tremblement de terre, c'était comme une grande ville, alors les provisions étaient encore disponibles et les moyens de transport étaient convenables. Par conséquent, le centre de Taichung a coopéré avec le centre de Nantou pour les opérations de secours, et le travail de secours s'est poursuivi considérablement et sans difficultés.
Puisque les routes à Nantou étaient complètement détruites, plusieurs victimes n'ont pas pu se rendre aux centres de secours du gouvernement pour obtenir des affaires de première nécessité. De plus, parfois, afin de pouvoir recevoir quoique ce soit, ils étaient soumis à un contrôle d'identification dans leurs villages ou voisinage. Pour subvenir aux besoins d'urgence de ces victimes, nos disciples se sont réunis au centre de Nantou et se sont divisés en une douzaine d'équipes, chacune était guidée par un disciple local de Nantou. Ces équipes se sont organisés pour aller dans plusieurs cantons, en utilisant des camionnettes et des Jeeps pour livrer des tentes, des sacs de couchage, des toiles, du lait en poudre, de l'eau minérale, des nouilles, et d'autres provisions à chaque maisons affectée. Pour ce qui est des endroits non accessibles en voiture, des équipes ont voyagé à pied par groupes de deux ou trois, traversant les montagnes et les rivières afin de livrer des provisions de secours aux régions affectées. Il était souvent plus de minuit lorsqu'ils sont rentrés au centre de Nantou.
Les jours qui ont suivi le tremblement de terre du 21 septembre, une série de secousses après coup se sont produites, et des rochers tombants nous ont souvent frôlés de près à 3 centimètres. Nous avions besoin de la bénédiction de Dieu pour nous enfoncer dans les montagnes et sous Sa protection, nos pratiquants, qui ne pensaient que très peu à eux, ont osé pénétrer les régions éloignées dans la montagne là où personne d'autre n'avait jamais mis les pieds. Comprenant les petites tribus villageoises des cantons de Yuchih et de Tongkuang, les montagnes jumelles de Chiufen dans le canton rural de Kuohsing, Pingting à Shuangwen, le barrage sur le Mont Shuili, le canton rural de Jenai, et les collines de Wushe. Notre équipe médicale a même escaladé les montagnes pour atteindre Wushe, et est repartie en hélicoptère à cause du glissement de terrain. Nos disciples bénévoles ont visité tous les treize villages et villes dans la région affectée, en plus des coins sortis des sentiers battus, pour réconforter les victimes. Nous avons non seulement apporter des provisions de secours, mais aussi le nécessaire pour les besoins particuliers. Comme des serviettes sanitaires et plusieurs marques de lait en poudre pour enfants. Cette opération nous a permis d'apprendre à fournir une aide instantanée et à répondre aux besoins les plus urgents des gens.
En plus de distribuer des provisions de secours aux victimes, nous avons aussi mobilisé plus de 50 camionnettes et fourgonnettes à traction intégrale qui ont été fournies par les amis pratiquants formosans. Réunis au centre de commande de secours du gouvernement du conté de Nantou, les disciples ont aidé à transporter les provisions vers les centres de secours dans plusieurs cantons partout dans Formose. En effet, nous avons travaillé silencieusement afin d'accélérer le travail de secours du gouvernement. Même avant que les médias aient fait appel aux gouvernements pour que l'on installe des toilettes mobiles trois jours après le tremblement de terre, les pratiquants avaient achetés en silence plus de 20 toilettes mobiles à Kaohsiung un jour auparavant, et les avaient déjà livrées à Chungliao, à Chichi, et à Puli. Cette considération pour répondre aux besoins les plus urgents des victimes était émouvante. C'était l'amour de Dieu en action.
Le Président : Et maintenant continuons. Le discours qu'a adressé l'ex directeur M. Ke était très intéressant. Bien sûr, nous nous sentons plus concernés par Formose que par l'Asie du Sud-Est, mais puisque notre sujet d'aujourd'hui est les Chinois en Asie du Sud-Est, commençons d'abord par cela. Quelques-uns d'entre vous avez peut-être des questions relatives aux activités du Maître à Formose. Nous pourrons parler de cela plus tard. Cette dame a peut-être quelque chose à dire au sujet de Formose, mais s'il vous plaît gardez votre question pour plus tard. Maintenant, passons à notre sujet de l'Asie du Sud-Est.
Journaliste : Je suis un journaliste du United Daily News. Maître Suprême Ching Hai, Vous avez mentionné que votre groupe n'est pas toujours très organisé, mais je suis curieux de connaître sa structure opérationnelle. Par exemple il y a tant de pays en Asie du Sud-Est. Comment faites-vous pour que vos disciples donnent volontairement tellement d'argent dans un tel groupe pas très organisé ? L'Association bouddhiste compassion et secours Tzu Chi, par exemple, a un fonds opérationnel fixe. Si vous deviez demander à vos membres de fournir de l'argent seulement lorsque le besoin s'en fait sentir, et ensuite expédier l'argent et acheter les choses là-bas, le processus serait très complexe. Par conséquent, je suis très curieux de savoir comment vous vous y prenez pour accomplir une telle tâche en Asie du Sud-Est.
MSCH : C'est la même chose. Nous n'avons pas vraiment d'organisation. Si vous le désirez, vous pouvez venir et faire une investigation. Nous donnons seulement ce que nous pouvons. Je donne ce que j'ai, et vous donnez ce que vous pouvez. Nous amassons le tout et l'envoyons. Nous le faisons volontairement. C'est le travail de Dieu. Une fois que le Dieu en dedans de nous s'éveille, Il s'aura comment sauver nos parents et amis. On n'a pas besoin d'organiser quoi que ce soit. L'Association Internationale du Maître Suprême Ching Hai a été fondée sous les directives du gouvernement.
Les autorités ont dit que nous devons former une organisation pour qu'ils aient une liste des membres, et alors nous avons quelques centaines de membres inscrits. Sinon, nous n'avons pas de membres dans le vrai sens du terme. Nous avons une carte d'identité pour prouver que nous sommes vraiment des pratiquants lorsque nous allons à des retraites. Cela démontre que nous allons là-bas pour méditer et non pas pour créer des problèmes. Nous n'avons pas d'organisation; ce sont tous des bénévoles. Les pratiquants spirituels doivent êtres tranquilles et insouciants. Nous ne pouvons pas leur demander de faire quoi que ce soit de façon permanente ou de payer des frais annuels. C'est idée ne nous est jamais venue à l'esprit. Nous voulons seulement leur rappeler leur nature divine, et ensuite il n'en tient qu'à eux de faire ce qu'ils veulent. Ils sont libres de contribuer ou pas. Lorsqu'ils viennent dans nos centres, ils ne doivent pas payer pour la nourriture, les boissons, ou le gîte. C'est laissé tout à fait à leur discrétion. Lorsqu'il y a un désastre, chacun est dans l'obligation de contribuer et de partager. Ce n'est pas la responsabilité d'une seule personne. Est-ce assez clair pour le journaliste du United Daily News ?
Président : Continuons la discussion. Je crois que nous devrions consacrer plus de temps à la discussion parce que Maître Suprême nous en dit plus dans ce genre d'échange. Vous devriez être capable de comprendre Son intention et la signification cachée derrière Ses mots. C'est tout à fait impossible de poursuivre des activités si efficacement sans avoir une organisation, alors il s'agit d'une méthode d'organisation d'un niveau "suprême". Vous avez peut-être d'autres questions pour Maître Suprême.
Wen Chin-ko, producteur de la Corporation de la diffusion centrale : Maître Suprême Ching Hai, je suis très honoré de pouvoir vous rencontrer ! J'ai entendu parler de Vous et je Vous admire depuis bien longtemps. Puisque j'étudie le bouddhisme, j'aimerais Vous poser une question mineure sur le bouddhisme. Nous savons que Vous aviez atteint quelques réalisations spirituelles avant d'arriver à Formose. Mais nous savons également que Vous êtes apparue pour la première fois à Formose en bhiksuni (nonne bouddhiste). Du point de vue de la communauté bouddhiste, nous nous demandons pourquoi Vous avez décidé d'aborder, en tant que bouddhiste, la société de Formose.
MSCH : J'étais destinée à être une nonne pendant quelque temps. Vous pouvez demander à Dieu si vous le voulez. [Rires] Par exemple, quelques-uns d'entre nous, font leur service militaire pendant quelques années, mais d'autre en font une carrière pour la vie. Nous avons tous un destin différent. Je ne peux rien dire sur ma destiné. Tout est arrangé par le destin.
M. Wen: Êtes-vous en train de dire que ce n'était pas Votre décision ?
MSCH : Bien sûr que cela l'était, mais nous ne faisons que ce que Dieu nous dit de faire.
M. Wen : Si c'était Votre propre décision, alors quels facteurs considériez-Vous à ce moment-là ?
MSCH :Je n'ai rien considéré. Je ne fais que ce que Dieu me dit de faire, ce qui est plus simple.
M. Wen: Ma question est pourquoi n'êtes-Vous pas venue à Votre statut initial ou pourquoi Vous n'avez pas choisi de venir, par exemple, en tant que chrétienne, catholique, ou musulmane. Pourquoi avez-Vous décidé de venir en tant que bouddhiste ? Je crois qu'il devait y avoir une raison qui motivait votre décision. Pouvez-vous nous en parler ?
MSCH : Je viens de le faire. Si Dieu veut que nous faisions quelque chose, alors nous le faisons; c'est la façon la plus simple. C'est plus compliqué de résister à Sa volonté. Une fois que nous sommes illuminés, nos vies deviennent plus simples parce que Dieu planifie tout pour nous. S'il nous dit de faire quelque chose, nous Lui obéissons. Nous ne nous servons pas de notre mental pour argumenter avec Lui comme nous le faisions, ou pour Le prier pour avoir quelque chose que nous croyons plus bénéfique ou plus convenables pour les gens du monde. Prenez-moi par exemple; si j'avais vraiment eu le choix, je ne porterais pas ces vêtements et tous ces lourds accessoires. Lorsque je rentre à la maison, je les enlève aussi vite que possible. Normalement, si je ne sors pas pour donner une conférence ou pour voir des gens, je ne porte pas ces ensembles de cérémonies qui sont très inconfortables. Je préfère m'habiller modestement et me déplacer comme une personne normale. Par conséquent, je ne fais que ce que Dieu me demande de faire. Vous allez peut-être un jour vous trouver dans une telle situation et vous comprendrez. Je l'ai souvent protesté, mais cela n'a rien donné. Alors, j'ai abandonné. Il m'a appris à me rendre. Êtes-vous satisfait de ma réponse ? Si vous avez toujours des doutes, s'il vous plaît poser des questions.
M. Wen: Je m'excuse, j'ai encore quelque chose à dire. J'ai une raison de poser cette question. Personnellement, j'ai beaucoup de respect pour Vous, mais je ne crois pas que la communauté bouddhiste de Formose Vous considère comme son amie et il y a des malentendus entre Vous et cette communauté. C'est peut-être en partie parce que Vous avez déjà été membre de cette communauté, mais les Bouddhistes sentent que Vos enseignements sont différents. Par conséquent, d'un point de vue séculaire, je crois que Votre stratégie est, je ne sais pas, peut-être Vous allez me dire que c'est la volonté de Dieu. Mais je crois que c'est dommage. Je crois que vous partagez une Méthode qui est tellement libre et pleine de vie, et pourtant si solennelle en soi. C'est une façon excellente d'enseigner. Si pour quelques raisons que ce soient, il y a avait un malentendu ou une expérience malheureuse entre Vous et un groupe religieux existant, je dirais que cela serait dommage. Par conséquent, j'aimerais beaucoup en connaître la raison.
MSCH : J'étais un moine dans mon ancienne vie, mais ma tâche n'était pas terminée, je suis donc revenue pour finir la dernière partie. Une fois que j'aurai fini mon travail, je n'aurai plus besoin de le refaire, c'est tout. Vous avez raison. Cependant, même si je n'avais jamais été un moine qui a changé par la suite, les gens m'auraient encore mal comprise. Jésus-Christ n'a jamais été un moine, mais Il a été crucifié. Bouddha Shakyamuni a été un moine toute Sa vie, quelqu'un l'a délibérément blessé à la jambe. Il a souffert toute Sa vie des humiliations venant d'autrui et est resté la cible de critiques jusqu'à aujourd'hui. Il n'est pas mort en paix, il y a encore des gens qui L'offensent. Aujourd'hui, il y a encore des gens qui ne comprennent pas Jésus-Christ, alors qu'attendez-vous de la part des gens envers une femme insignifiante comme moi qui dit des choses qu'ils ne comprennent pas ? Bien sûr, si le monde entier pouvait comprendre ce que je dis, nous ne vivrions pas dans cette dimension. Nous ne l'appellerions pas "la Terre", mais plutôt "les cieux".
Je suis venue dans ce monde et je vis ici non pas pour plaire aux traditions ou pour gagner l'éloge ou l'approbation des gens. Je vis pour rappeler aux gens leur propre grandeur. Je fais de mon mieux pour en faire le plus possible et le rappeler au plus de gens possible. Quand le temps viendra, nous devrons partir, que nous soyons bons ou mauvais, que nous portions de beaux vêtements ou non. Je n'ai pas tellement de temps. J'avance en âge.
M. Wen: Merci Maître Suprême. J'aime beaucoup votre réponse. Merci.
MSCH :Merci ! C'est bien, que vous aimiez ça. J'aime entendre ça. [Applaudissements]
Le Président : Mesdames et Messieurs, nous avons consacré plus de temps à cette première séance ce qui fait que nous pouvons aborder des sujets plus denses. Selon notre agenda, la deuxième séance devrait se concentrer d'abord sur le succès de l'enseignement de la Méthode Guan Yin du Maître Suprême en Asie du Sud-Est, ensuite sur les principales difficultés qu'Elle a rencontrées et enfin, sur les perspectives qu'Elle entrevoit pour l'avenir. Pouvez-Vous s'il Vous plaît nous parler de Vos réalisations majeures dans l'enseignement donné aux Chinois du Sud-Est asiatique, des principaux obstacles que Vous avez rencontrés, de la manière dont Vous avez résolu ces difficultés et quels plans et prévisions Vous avez pour votre développement futur ?
MSCH :Nous suivons une pratique spirituelle en silence de façon à nous aider nous-mêmes. Nous devenons plus enthousiaste, nos vieilles habitudes et nos mauvaises façons de penser s'effacent graduellement. C'est pourquoi le Bouddha Shakyamuni a dû pratiquer longtemps avant d'atteindre l'état de Bouddha. Il n'a pas accompli cela en un jour. Les choses seraient pires si les gens ne pratiquaient pas. J'ai observé nos amis pratiquants pendant une dizaine d'années et je vous assure qu'ils ont fait beaucoup de progrès après avoir pratiqué spirituellement, et c'est splendide ! Comme vous l'avez peut-être constaté, nous ne faisons pas du bien qu'à nous-mêmes, nous servons aussi la société. Bien sûr, nous ne pouvons pas prouver nos réalisations spirituelles. Peut-être qu'après une longue observation, nous pouvons dire qu'une personne qui avait l'habitude de rouspéter, de se quereller ou même de blesser les autres est devenue plus bienveillante et qu'elle s'est améliorée par la pratique spirituelle. Mais nous ne pouvons pas dire cela facilement. Cependant, nous aidons notre société, aussi. Prenez votre dernière question par exemple, à propos de la manière dont nous avons mobilisé si rapidement tant de gens pour aider les autres. C'est parce que notre Nature Divine est éveillée, nous sommes devenus plus aimants et savons exactement quoi faire. Nous voyons la souffrance des autres comme la nôtre, alors nous n'hésitons pas à aider la société. Nous faisons ce qui profite à la société.
Parfois, quand nos amis pratiquants rencontrent des difficultés ou souffrent beaucoup en travaillant au loin, ils méditent ensemble, alors ils reprennent courage et retrouvent la joie. Parfois, quand ils ne sont pas très avancés dans leur pratique spirituelle, ils ont des difficultés, alors ça les aide d'en parler aux autres et de s'entraider.
Bien sûr, vous allez rencontrer des difficultés dans quelque travail que vous allez entreprendre. Elles ne sont pas le monopole des groupes religieux ou des groupes comme le nôtre qui partagent la Vérité. Par exemple, ceux d'entre vous qui sont professeurs se heurtent parfois à des étudiants à qui il est difficile d'enseigner. Parfois votre horaire de travail chargé peut détériorer votre santé, vous devez parfois faire le sacrifice de vos nuits de sommeil et en plus vous devez vous occuper de votre famille. Non seulement vous devez faire face aux difficultés de l'éducation, mais vous devez aussi prendre soin de votre famille et peut-être remplir d'autres obligations. Etre parent comporte aussi sa part de difficultés. Etre professeur n'est pas une carrière facile, exempte de difficultés. Bien sûr, nous, les pratiquants spirituels, devons aider les autres. Et en continuant notre pratique spirituelle, nous allons rencontrer des obstacles et des malentendus. Cependant, nous avons accepté le fait que c'est comme ça que la société est faite. Nous faisons notre travail sans attendre d'éloges ni d'approbations des autres, ainsi nous ne sommes pas déçus.
La façon dont nous allons nous développer dans le futur dépend de la volonté de Dieu. Je vais vivre si Ielle veut que je vive, et si Ielle ne veut pas, je dirai "Bye bye", c'est très simple. Certains d'entre vous ont demandé comment nous avions pu nous organiser et nous développer si bien. Tout est arrivé naturellement. Je ne prends pas réellement de mesures. Je dis juste : " Oui, non, d'accord, je vais venir " ou " Je ne peux pas venir " c'est tout. Je ne fais rien de spécial, je ne leur dis rien et je ne domine personne. Je les appelle rarement au téléphone, je ne le fais qu'occasionnellement, quand il y a un désastre. Prenez Frère Lin, par exemple. Je ne l'appelle pas tous les jours, ni les correspondants. Demandez à nos amis pratiquants ou à nos correspondants et voyez combien d'entre eux ont déjà reçu un appel de ma part. Aucun, excepté quand il y a un désastre ou quand il y a du travail à faire.
Alors je leur demande d'obtenir rapidement l'aide des amis pratiquants. S'ils n'ont pas assez d'argent, nous fournissons tout ce que nous pouvons trouver à notre centre principal. Il n'y a qu'en ces occasions que je téléphone. Ils n'ont même pas su que j'étais arrivée ici [à Formose]. C'est seulement lorsque je suis apparue sur la scène de conférence qu'ils ont réalisé : " Oh ! Maître est ici. " Avant ce moment-là, ils n'avaient aucune idée de l'endroit où je me trouvais, ni de ce que je faisais. Je ne dérange personne ni ne domine les gens, pas plus que je n'exerce de contrôle à distance sur eux. Je ne le fais pas ! Ils font les choses automatiquement. Depuis qu'ils ont goûté au bonheur, ils veulent partager cela avec les autres, par amour. Les choses arrivent comme ça naturellement. Je n'ai aucun plan.
Le président : Je pense que les membres de l'Association Internationale du Maître Suprême Ching Hai ont une plus profonde compréhension du Maître Suprême que nous, les gens ordinaires. Nous allons rapidement parcourir les pages 29 et 30 des notes qui décrivent ses plus grandes réalisations. Elles parlent de : "Illuminer l'humanité et élever les êtres humains sur les plans physiques, intellectuels et spirituels." La première réalisation est qu'après avoir mené une vie spirituelle pendant plus d'une décennie, les disciples ont commencé à s'unir en une force puissante qui avance vers une ère nouvelle. La seconde réalisation consiste en leurs efforts humanitaires à travers le monde et dans le secours apportés aux victimes des désastres. Nous venons juste d'entendre le témoignage de l'ancien directeur, M. Ke. La troisième réalisation est la promotion du végétarisme, puis la quatrième, bien sûr, est la stimulation d'un concept de vie fondé sur la Vérité, la vertu et la beauté. Nous allons maintenant parler des difficultés rencontrées par l'Association dans deux domaines : perceptions de la signification des religions et les aspects de la vie. Les "perceptions de la signification des religions" veut dire, "comprendre la véritable essence des religions". Ici les notes indiquent quelques différences sur lesquelles nous espérons que le Maître Suprême épiloguera. Il est mentionné à cet endroit l'expérience d'être un avec Dieu. Comment réalise-t-on cela ? C'est la première question.
MSCH :Supposons que vous mangiez dans un restaurant et que vous sachiez très bien que l'on y sert des repas délicieux. Puis, si vous dites à quelqu'un qui est en train de lire le menu à quel point la soupe est exquise, les salades succulentes et que vous y reviendrez sûrement la prochaine fois, saura-t-il de quoi vous parlez ? Il ne comprendra sûrement pas. C'est le problème. Tout le monde parle de Dieu, Lui fait des éloges, mais très peu de gens sont vraiment capables de communiquer avec Ielle, de bavarder avec Ielle et de lui poser des questions. Nous sommes capables de le faire, car nous connaissons maintenant notre Soi Originel. Nous ne sommes pas ce corps humain ordinaire. Nous existions avant que ce corps physique voit le jour et nous continuerons à exister après l'avoir quitté. Cela est notre Soi Originel. Nous avons établi un contact et une relation avec ce Soi Originel que l'on appelle "Dieu intérieur" ou la "Nature du Bouddha intérieur". Par conséquent, nous sommes conscients de l'amour de Dieu, de Sa protection, de Ses enseignements quotidiens, de Son aide pour résoudre nos problèmes et du développement de notre compassion. Nous pouvons Le/La consulter quand nous avons un problème. La personne lisant le menu loue Dieu tout le temps, mais elle ne Lui a jamais parlé. Alors, bien sûr que c'est difficile pour lui de comprendre notre explication. Avant qu'il ne goûte à la nourriture, il nous est difficile de lui prouver à quel point les plats sont délicieux. Je ne suis peut-être pas aussi instruite que le professeur, je ne peux m'exprimer qu'en mots simples.
Quant à "comment devenir un avec Dieu", ceci ne peut être expliqué par des mots. Pendant la transmission, nous sommes tous deux simplement assis en silence pendant que la transmission se fait de coeur à coeur. Dieu parle au Dieu à l'intérieur de nous et il n'y a pas de place pour les mots. Nous vous parlons avant, mais c'est seulement pour vous indiquer dans quelle position vous devez vous asseoir, s'il est important d'avoir les jambes croisées pendant la méditation ou non, comment se détendre et sur quoi fixer votre concentration pour voir Dieu et communiquer avec Ellui. Ce ne sont que des instructions verbales. Plus tard, lorsque la vraie initiation aura lieu, personne ne prononcera de parole. Telle est l'initiation, la transmission de coeur à coeur, et "la Transmission au delà des enseignements". On l'a appelée ainsi car on ne peut pas la trouver dans les enseignements. Nous avions Dieu et Bouddha à l'intérieur de nous depuis le tout début, alors qui est habilité à enseigner à Dieu ou à Bouddha ce qu'il faut faire ? Cela n'est possible qu'après le réveil de notre Soi Originel. C'est comme quand on prend deux bougies, l'une est déjà allumée et en touchant l'autre avec la première, cette dernière s'allume aussi. La qualité de la lumière est latente au départ dans les bougies. Elles ont seulement besoin de quelqu'un pour les allumer. Ce processus n'a pas besoin de paroles ou d'enseignements, tout ce qu'il faut c'est une lampe pour l'allumer. Sans cette dernière, peu importe comment vous en parlez ou comment vous la suppliez pendant des centaines d'années, elle ne s'allumera pas.
Le Président : Merci ! Une autre difficulté mentionnée ici concerne la vie quotidienne, car le Maître Suprême Ching Hai demande qu'on suive un régime végétarien complet. (Maître : oui) Si vous demandiez aux gens de suivre un régime végétarien strict, ils peuvent hésiter à venir à vous, car ils pourraient avoir du mal à le mettre en pratique. Ceci est une des difficultés. Supposons que vous disiez : " C'est pas grave, faites seulement de votre mieux pour être végétarien " et alors, beaucoup de gens voudront se joindre à Votre groupe. Comment surmonterez-vous cette difficulté dans votre développement futur ?
MSCH :Nous ne voulons pas vraiment la surmonter ! [rire] Il est un Bouddha et il est Dieu. S'il veut se réveiller, alors nous lui donnons un coup de main. Il est une chandelle qui est censée briller. S'il veut briller, il devra donc s'approcher pour que nous l'allumions. Dans le cas contraire, il peut rester dans l'obscurité pendant quelques milliers d'années nous ne le dérangerons pas. Un Bouddha est dans l'obligation d'être végétarien. Pour être un Bouddha, on doit agir comme le Bouddha Shakyamuni : avoir de la compassion, aimer tous les êtres, et manger uniquement de la nourriture végétarienne. Nous mangeons des légumes seulement parce que nous n'avons pas d'autre choix. Donc, nous ne mangeons pas beaucoup, juste assez, a peu près 80% de plein, et pas jusqu'au cou. Je ne prends qu'un seul repas ou tout au plus deux par jour. Il m'arrive de manger plus quand je suis épuisée. Alors, c'est la décision de chaque personne de devenir végétarien ou pas. Je viens de dire que nous ne voulons pas contrôler les gens. Nous sommes debout à côté d'eux, prêts à les aider. S'ils veulent venir, nous leur dirons ce qu'il faut faire. Sinon, c'est quand même bien pour eux de venir la prochaine fois et de passer plus de temps à réfléchir. Ils sont Dieu, ce sont eux qui choisissent le moment de leur réveil.
Le Président : Cette partie est plus courte, comme notre objectif principal est de clarifier encore plus quelques points en se plaçant dans une perspective académique et religieuse. Nous sommes très reconnaissants envers le Maître Suprême pour Ses réponses. Nous poursuivrons la deuxième séance, et demandons encore au professeur Ruaan de bien vouloir nous donner ses commentaires et ses réactions aux précédentes discussions du Maître Suprême.
Le professeur Ruaan : De cette séance de questions réponses, il me semble qu'il y ait un fossé entre Celle qui parle de Son expérience personnelle en tant que pratiquante spirituelle et celui qui essaye d'obtenir une compréhension objective et une connaissance sur une question. Le problème serait le fossé entre les initiés et les non-initiés. [Rires]
Dans cette deuxième séance, je suis personnellement plus intéressé par : "Regarder en arrière et en avant". Ici, nous avons quelques documents sur les idées et les concepts. En tant qu'historien, je pense qu'il y a toujours eu des guerres entre les êtres humains dans l'Histoire. Malgré le fait que les guerres causent de grands désastres et beaucoup de souffrance à l'humanité, nous n'avons quand même pas réussi à les éliminer, même actuellement. À première vue, la guerre est un conflit militaire, d'un point de vue plus profond, le conflit concerne les avantages économiques et le pouvoir politique. En regardant plus profondément encore, nous constatons que c'est un conflit entre les civilisations. Et les facteurs religieux, les différences et les antagonismes ont, du moins de temps en temps, été la cause de ce genres de conflits au sein des différentes civilisations.
Notons que, pendant plusieurs années, le Maître Suprême Ching Hai a encouragé la réconciliation des religions et l'adoption du concept d' harmonie universelle. Quelques-uns d'entre vous aujourd'hui ont peut-être été depuis longtemps des observateurs du Maître Suprême, mais d'autres viennent juste de lire le feuillet d'information. J'ai remarqué qu'Elle a promu la réconciliation religieuse et le concept de l'harmonie universelle. Elle a érigé le concept d'une religion unique pour l'humanité. Elle a fait une interview à la radio en Afrique du sud et il y a quelques jours nous en avons lu la transcription dans le "China Times". Elle mentionne que la race humaine n'a qu'une seule religion et que ces diverses religions adorent en fait le même Dieu, sauf qu'Ielle est désigné par différents noms dans les différentes cultures. Son nom sonne différemment dans les diverses langues. Je pense que c'est un concept superbe et excellent. Si toutes les religions pouvaient accepter ce concept, elles se respecteraient et apprendraient lentement à s'aimer et à être unis les unes aux autres. Ce serait une bénédiction pour l'humanité. Le Maître Suprême Ching Hai a préconisé et exprimé son soutien pour la convocation d'un congrès mondial religieux qui a pour but de rassembler les chefs de toutes les principales religions, de même que les autres leaders spirituels, afin de prier pour la paix mondiale et de faire des propositions pour le bien-être de la communauté internationale. Ceci sera très utile pour le progrès de la réconciliation religieuse et de la paix mondiale.
J'ai lu, tout récemment dans les reportages mondiaux, que pendant une messe donnée à la Basilique du Vatican le jour du Pardon (12 mars) de cette année, le Pape Jean-Paul II a publiquement confessé les péchés mondiaux commis par l'Église Catholique Romaine pendant ces deux millénaires et a demandé pardon à Dieu. Une telle confession et supplication faite publiquement par le leader de la plus grande religion du monde au nom de son église a été sans précédent en deux millénaires. Cela nécessite une grande sincérité, du courage et de la sagesse ! Quand nous avons entendu cette nouvelle, nous n'avons pas eu la moindre parole de condamnation ou ressenti du mépris dans notre coeur. Au contraire nous étions touchés et encouragés. Cette bonne nouvelle, du premier printemps de la première année du 21ème siècle, nous donnent une bonne raison d'adopter un point de vue optimiste sur l'avenir de la race humaine et du monde. Notre Maître Suprême parle souvent de l'approche d'une ère nouvelle et de l'âge d'or. Ce n'est peut-être pas qu'un rêve après tout.
Je voudrais soulever un autre point après avoir lu la chronologie des conférences majeures du Maître Suprême en Asie du Sud-Est. Il fait plusieurs pages même si ce n'est qu'un résumé. À la fin de la conférence, je trouve difficile à croire qu'une dame si fragile et si menue puisse en si peu de temps, guider, initier et rassembler une telle force massive. Ceci comprend ses activités en Asie du Sud-Est uniquement, et n'englobe pas les activités semblables menées dans d'autres parties du monde. Si c'est vrai, alors il faut un amour et une persévérance immenses pour y arriver. J'ai mentionné dans la première session qu'il y avait beaucoup d'érudits, d'experts et de religieux spécialistes dans les études des croyances chinoises et religieuses en Asie du Sud-Est. Nous avons aussi des chercheurs en "religions comparées" qui peuvent poser des questions mieux que moi. De la part de tous ceux qui partagent les mêmes pensées, je voudrais poser deux questions au Maître Suprême qui sont plus liées à la méthode Guan Yin.
Première question : Nous remarquons que lorsque Vous Vous êtes adressée au Congrès des religions du monde à Cape Town, en Afrique du Sud en décembre 1999, Vous n'avez pas insisté sur les enseignements. Au lieu de cela Vous avez mis l'accent sur la méthode qui nous permet de faire l'expérience d'être un avec Dieu chaque jour. L'histoire écrite nous montre que très peu de Maîtres illuminés ont été capable de communiquer cette méthode d'illumination immédiate. Ma question est : si Vous avez cette méthode, ferez-Vous comme eux ?, la transmettrez-Vous seulement à une poignée de disciples ? Apparemment, avant le Sixième Patriarche, Hui Neng, le Maître ne transmettait la méthode qu'à un seul disciple. Même le sixième patriarche ne l'a communiquée qu'à une dizaine de disciples. Je ne suis pas certain du chiffre exact. Les Maîtres anciens ne transmettaient la méthode qu'à quelques disciples, et leurs disciples devaient traverser de très dures épreuves avant de pouvoir apprendre cette précieuse méthode. Cependant, la Méthode Guan Yin d'aujourd'hui, si elle est telle que Vous l'avez décrite, est disponible pour tous ceux qui aspirent à la Vérité. Du moment qu'ils sont sincères, Vous la leur enseignerez avec générosité, gratuitement. Ils peuvent l'obtenir très facilement. Nous aimerions savoir pourquoi vous faites comme cela. Pourquoi y a-t-il une telle différence ?
MSCH :Dans les temps anciens, ils ont aussi enseigné à beaucoup de disciples. Le Bouddha Shakyamouni, par exemple, avait des dizaines de milliers de disciples. Mais, plusieurs des principaux, comme Ananda et Rahula, avaient la responsabilité de transmettre la lignée. Ces principaux disciples, tout comme les messagers Guan Yin, étaient entraînés spécifiquement et avaient mémorisé les instructions verbales qu'ils pouvaient communiquer aux gens de l'extérieur. Cependant, la plupart des autres disciples étaient des laïcs, et eux non plus n'avaient pas de problèmes. Par exemple, il y avait un pratiquant laïc qui s'appelait Vimalakirti, il ne sortait pas pour prêcher, mais tout le monde le craignait. Il n'avait pas besoin d'aller prêcher dehors, parce que c'était assez puissant pour qu'il le fasse à la maison. En fait, Jésus Christ aussi a eu beaucoup de disciples, mais douze d'entre eux Le suivaient tout le temps et ont eu l'enseignement qui leur a permis de L'aider à accomplir Sa mission de prédication par la suite.
En fait, si ce que Vous avez dit est vrai, nous vivons maintenant dans une époque moins favorable. Nous devrions partager rapidement la Vérité, sinon il sera trop tard. Je ne suis pas une personne avare. Je partage mon argent et tout mon savoir. C'est peut-être mon caractère.
Le professeur Ruaan : Nous devrions peut-être élargir davantage nos points de vue. Nous ne pouvons pas nous sentir concernés uniquement par la situation en Chine ; nous ne devrions pas oublier le reste du monde.
MSCH :Lorsqu'il y a des bonnes nouvelles, nous devons les répandre mais c'est une tâche très lourde, bien sûr. Je préférerais agir comme vous l'avez suggéré, me cacher dans un coin en attendant que les gens m'en fasse sortir. Cela me ferait me sentir plus importante. Lorsque vous partagez la Vérité dans la société de cette façon là, les gens vous font des reproches et ne vous comprennent pas bien. Vous perdez la face. Mais ce n'est pas grave parce que ce n'est pas notre "face originelle". Nous perdons cette face là, mais nous en aurons une meilleure à l'intérieur.
Professeur Ruuan : J'ai une seconde question qui est aussi la dernière. De ces documents d'informations, j'ai appris qu'à part travailler en tant que guide spirituel guidant les êtres sensibles à trouver Dieu et devenir un avec Lui/Elle, Vous avez un rêve pour le monde, Vous aspirez à la paix dans le monde. C'est une aspiration commune à tous les êtres humains. Cependant, bien que les gens ordinaires aiment la paix, les guerres sont souvent démarrées et provoquées par des politiciens au pouvoir. Cependant, logiquement parlant, si les politiciens au pouvoir deviendraient bientôt illuminés, [Rires] cela serait une manière plus rapide et efficace pour arriver à la paix dans le monde. Maître Suprême, que pensez-Vous de cette idée ? (Maître : très raisonnable.) Avez-Vous une façon spéciale pour atteindre cet objectif ?
MSCH :C'est seulement trop raisonnable. Le problème c'est qu'ils ne coopéreront pas. Regardez-moi. Une petite femme. Me serait-il facile de les rencontrer ? Vous les amenez ici et je les illumineraient. Nous deux, nous pouvons travailler en coopération. [Rires] Ce monde a plus de respect pour les hommes que pour les femmes. Une personne élut au pouvoir se moque de nous voir. Nous devrions être en fait reconnaissant qu'ils ne nous tue pas ! Certains gouvernements ont peur des personnes connues et de celles qui un soutien populaire. Ils les voient comme des concurrents. Les politiciens pensent que nous sommes aussi investis dans les affaires politiques, essayant d'obtenir la popularité et des profits. Par conséquent des pratiquants spirituels comme nous, qui sommes plus ouverts et connus, faisons face au danger de perdre nos vies. Si un gouvernement peut nous tolérer et nous comprendre, et nous laisser enseigner librement, nous lui en sommes déjà très reconnaissants. Nous n'avons jamais rêvé qu'ils viendraient à nous. Alors votre rêve est un très beau rêve. [Rires]
Professeur Ruaan : Ce rêve doit être remis entre les mains du Maître Suprême Ching Hai pour qu'il devienne réalité.
MSCH :Ce n'est pas facile de composer avec ce monde. Comme vous le savez, c'est difficile d'établir le contact avec les gens qui sont au pouvoir. Ils sont tellement protégés qu'il leur est difficile de nous contacter, même s'ils le désirent. Ceux qui entourent les gens qui sont au pouvoir, les protègent et les empêchent de contacter ceux qu'ils croient néfastes pour eux, ils leur donnent de mauvais renseignements et des points de vue différents. Et il n'arrive pas à percer la barrière et à contacter lui-même les gens. Par conséquent, il est lui aussi enfermé. C'est plutôt difficile, mais nous allons essayer de trouver une solution, bien que je ne sois pas disposée à le faire. Nous devrions laisser les choses se développer naturellement.
Le Président : Merci infiniment pour votre échange. Je crois que nous devrions revenir à l'ordre du jour. Quelqu'un aurait-il des questions impromptues ? En fait, nous avons ici un invité particulier. Il est très humble, et il a refusé notre invitation à s'asseoir là-bas. Il s'agit de Mr. Ko Wen-Fu, ancien magistrat du Conté de Pingtung et ancien vice-ministre de la Commission des Affaires des Chinois d'Outre-mer. Il est assis dans la dernière rangée derrière Vous. Il est maintenant président d'une compagnie de télécommunications. Devrions-nous inviter le directeur Ko à nous dire quelques mots ?
MSCH :Une grande personne doit être tellement humble. Il est très humble, c'est pourquoi il est un grand homme.
Le directeur Ko : M. le président, Maître Suprême et M. le professeur, mesdames et messieurs je suis très honoré d'être ici. Le Maître Suprême a peut-être été dans ma ville natale à Pingtung, où elle a un centre à Chaochou. Je suis né et j'ai grandi dans le commune de Chaochou. (Maître : J'aime Pingtung il fait très chaud en hiver.) J'ai été à Votre centre, qui est situé sur un site qui a été construit par l'ex-maire Hung de Chaochou. Lorsque j'étais le magistrat du Conté de Pingtung, il était maire de Chaochou, alors il était comme un frère pour moi. Mais, à mon grand regret, il est décédé. Lorsque je suis allé sur sa tombe pour lui rendre un dernier hommage, j'ai vu le centre. Il est toujours là et il est bien entretenu. À mon avis, c'était dommage de voir le Maître Suprême quitter Formose, parce que c'est un si beau centre. Lorsque Vous étiez là, le centre était comme un lieu spirituel sacré, un lieu sacré du bouddhisme. Cette Méthode purifie l'esprit des gens et les conduit vers la bonté. C'est une force dont la société a le plus besoin aujourd'hui. Ma question est, puisque Vous avez débuté Votre mission à Formose, y a t-il une possibilité que vous y reveniez pour reprendre cette tâche pleine de sens ? [Applaudissements chaleureux de l'auditoire].
Le Président : Reviendrez-Vous à Formose ?
MSCH :Cela dépend des plans de Dieu. Les gens de tous les pays me demandent de rester, et il m'est difficile de décider. Je dois me déplacer constamment pour pouvoir partager mon temps avec tout le monde. Je remettrai peut-être cela à plus tard lorsque je serai plus vieille et que je n'aurai nul autre endroit où aller, alors je reviendrai, en vous suppliant de me donner un gîte. Je vous remercie beaucoup de vos charmantes suggestions et du souci que vous vous faites pour moi. Ma patrie me manque beaucoup, mais parfois notre destiné n'est pas la même. Nous devons faire ce que nous pouvons. Formose me manque vraiment beaucoup. Je me sens comme si j'étais née ici, et tout le monde m'aime beaucoup. Alors si une opportunité se présente dans l'avenir, bien sûr que je reviendrai.
Directeur Ko : Laissez-moi ajouter quelques mots. J'aime Votre allure actuelle. Vous ne m'aviez pas donné une si bonne impression avant aujourd'hui. Je Vous suivrai peut-être aussi. [Rires et applaudissements.]
MSCH :Je vous en prie ! Bien sûr, j'ai l'air plus amicale de cette façon. Je n'avais pas l'habitude de m'habiller ainsi ni de me maquiller. Je me sentais beaucoup plus confortable. Lorsque je m'habille bien, je sens comme si j'avais quelque chose sur le visage, mais je m'y suis habituée. C'est bien que cela plaise à tout le monde; c'est plus facile de communiquer avec vous ainsi. Merci ! Je suis sensible à votre charmante gentillesse. S'il y a, à l'avenir, une possibilité, nous reviendrons. Cela fait déjà trois jours que je suis ici; environ 30 000 personnes m'ont vu hier. Tout Formose au grand complet m'a vue, grâce à la diffusion en direct à la télévision. Dans un certain sens, je suis revenue à Formose. J'ai passé un peu de temps dans chaque pays. De toute façon, je vous remercie beaucoup. Je vais trouver un moyen. C'est Formose que je préfère. J'ai vécu ici pendant plus de dix ans et c'est tout comme ma maison. Je ne suis jamais restée à un endroit pendant si longtemps, excepté à Au Lac. Dans ce monde c'est à Formose que je suis restée le plus longtemps.
Le Président : Merci beaucoup, Maître Suprême Ching Hai. Mesdames et messieurs, aucun rassemblement ne peut durer pour toujours. Nous sommes ravis d'avoir eu parmi nous aujourd'hui le Maître Suprême dans ce séminaire qui a duré environ deux heures, vous avez été témoins d'un dialogue entre la religion et l'académisme, entre la foi et la connaissance. Bien sûr, il y a un fossé entre les deux, mais nous sommes des chercheurs de l'Académie Sinica, donc nous cherchons des réponses dans les domaines académiques et intellectuels par le biais de ce séminaire. En échange, le Maître Suprême nous a apporté quelques paroles de grande sagesse, qui auront beaucoup de valeur pour notre recherche future.
Par les échanges d'aujourd'hui, vous allez réaliser que la Méthode Guan Yin, comme le professeur Ruaan l'a fait remarquer, va vers le travail d'éducation des pratiquants spirituels modernes. Le Maître Suprême a mis l'accent en une seule phrase concise, sur le retour à notre Nature Divine originelle, qui est le but de notre pratique spirituelle. Considérant Son organisation, nous avons trouvé qu'elle est tout à fait unique et extraordinaire. Quel est le pouvoir qui peut rassembler des gens d'endroits différents simultanément et spontanément pour s'aider les uns les autres ? En plus d'étudier les questions suscitées par les points de vue religieux et académiques, nous devons encore réfléchir profondément sur beaucoup d'autres sujets. Leur façon de répandre le message est aussi très particulier. Les dirigeants de l'Association actuelle ont déjà expliqué qu'ils font leur travail la plus part du temps en silence, et cela mérite vraiment notre admiration !
Nous avons souhaité faire une étude plus en profondeur sur les Chinois d'Asie du Sud-Est, mais nous avons découvert que la religion n'a pas de frontières. Nous ne pouvons pas cantonner les paroles du Maître Suprême à l'Asie du Sud-Est. Peut-être est-ce une particularité spéciale plutôt qu'un défaut. A l'avenir le monde chinois sera uni et connecté sur toutes les mers de la Terre. Le concept de "Chinois d'outre-mer" est très important et notre groupe de recherche chinois l'examinera à l'avenir. Dans cette optique et en ce qui concerne les activités religieuses, nous pouvons davantage prouver que les Chinois transcendent les frontières nationales. Lorsqu'ils font, surtout lorsqu'ils vont au-delà des limites des cultures chinoises et occidentales, nous trouvons qu'ils s'élèvent au-dessus des politiques. D'après les actes et les paroles du Maître Suprême, nous pouvons voir que le pouvoir culturel guide le pouvoir économique et est au-delà des restrictions politiques. C'est un phénomène merveilleux dans une société pluraliste. Par conséquent, la politique ne contrôle plus tout. Dans cette société pluraliste, des groupes communautaires différents se sont créés leurs propres mondes.
Aujourd'hui, nous sommes très contents d'avoir reçu l'aide de nos collègues de l'Académie Sinica, qui a contribué à faire de ce séminaire une grande réussite. Bien sûr, nous sommes aussi reconnaissants envers nos groupes de recherche et nous adressons des remerciements particuliers à notre secrétaire. Ses plans efficaces ainsi que la participation enthousiaste et la coopération bien organisée de l'Association Internationale du Maître Suprême Ching Hai ont fait du séminaire une grande réussite. Nous aimerions remercier tous nos invités venant du secteur académique, la presse et le secteur social pour leur sincère participation. Nous aimerions aussi remercier le commentateur pour son récit profond et plein de sagesse, ses observations et ses questions. Et pour finir, nos plus grands remerciements vont au Maître Suprême Ching Hai pour être venue à l'Académie Sinica malgré Son emploi du temps extrêmement chargé. Son discours profond et inspirant d'aujourd'hui a laissé beaucoup de place pour la contemplation. Merci beaucoup à tous !
MSCH :Merci beaucoup ! Merci à tous ! [Applaudissements]
Q : Puis-je poser une dernière question ?
Le Président : Oh! Encore une question ?
Q : Est-ce que la majorité de Vos disciples d'Asie du Sud-Est sont d'origine chinoise ? Y a-t-il des autochtones, par exemple des Indonésiens ou des Malaisiens ?
MSCH :Les deux, des Chinois et des autochtones.
Q : Mais, sont-ils surtout Chinois ?
MSCH :Non, non ! Nous allons continuer à présenter notre Méthode à quiconque viendra. Il y a beaucoup d'autochtones, et beaucoup d'entre nous doivent écouter la traduction dans des écouteurs. Partout où nous allons, nous avons souvent besoin de beaucoup de personnes pour traduire nos discours dans différentes langues.
Q : Ma question concerne les Vêtements Célestes. Vous avez dit que les Vêtements Célestes sont plus chers maintenant. Nous sommes curieux de savoir où sont allés tous ces Vêtements Célestes après les défilés de mode. (Maître : on les a vendus) Tous ? Ou bien les gardez-vous pour les expositions ou d'autres raisons ?
MSCH :Nous les vendons !
Q : A qui ?
MSCH :A tous ceux qui veulent les acheter. C'est libre. Nous avons aussi une boutique à Taipei. Tout le monde peut y aller et acheter ce qu'il veut.
Le Président : Alors comment faites-vous pour les mesures ? [Rires]
MSCH :Nous devons prendre les mesures et ensuite vous attendez un peu. Puisque nous privilégions la qualité sur la quantité, nous devons prendre les mesures exactes de chaque client. En plus, nous n'avons pas plus de deux ou trois ensembles de vêtements de chaque modèle. Nous ne pouvons pas en produire trop.
Le Président : Bon. (Maître : Merci.) Nous déclarons maintenant le séminaire officiellement terminé. Merci à tous ceux qui sont présents aujourd'hui. Merci. [Applaudissements]
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