D2: Je crois que c'est aussi important d'avoir des choses fraîches. J'ai appris par exemple que si l'on vient juste de moudre la farine, elle est bien plus nourrissante, même si on l'a fait quelques heures auparavant.

M: Oui, c'est vrai. En Inde, par exemple, lorsque j'ai goûté aux chapatis (pain indien plat, sans levain). Là-bas, ils avaient un meilleur goût que ceux d'ici, parce que la farine est moulue dans un égrugeoir en pierre. Ils en font tous les jours, ou peut-être tous les deux jours ; ils n'en font pas en grandes quantités. Ils en font à la maison, en petite quantité, juste assez pour un ou deux jours ou un ou deux repas. Et c'est sublime comme goût.

À Singapour, j'avais un restaurant préféré. Parfois, j'y allais pour manger une pizza, et des fois je pouvais en manger deux ou trois, les pizzas minces qu'on appelle "margarita". Elles sont très minces et petites, mais elles sont exquises. Je ne sais pas pourquoi elles ressemblent à toutes les autres que l'on sert dans les autres restaurants, mais ailleurs, elles ne sont pas aussi bonnes. Alors, je leur ai demandé : "Que faites-vous de spécial à vos pizzas ? Comment les faites-vous ?" Et le chef a répondu : "Oh ! nous n'avons pas cette pizza aujourd'hui." J'ai dit : "Et comment ?" et il a dit : "Car la farine n'est pas encore arrivée." Ils importaient la farine d'Italie, celle qui est bonne. Cet endroit est bien et c'est pour cela que la qualité est toujours la même. Ce n'est pas n'importe quelle farine. Peut-être que dans cette région on cultive de la farine biologique, ou bien qu'elle est particulièrement bonne dans cette région, alors on l'exporte. Et s'ils n'ont pas la bonne farine, ils ne font pas les pizzas "margarita". C'est comme cela que je me suis rendue compte que c'était différent.

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Revue No 120
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