C'est l'histoire d'un voleur, un voleur de
grande envergure. Il avait commis tellement de méfaits et de
crimes que le gouvernement décida de le pendre. Donc, la
coutume veut qu'avant l'exécution d'une personne, celle-ci
puisse émettre un dernier souhait personnel. Il était
très connu. On l'avait poursuivi pendant des dizaines
d'années avant de le capturer. C'était un grand
voleur, sans aucun remords, ni aucune conscience. Il tuait les gens
comme on coupe des bananes en tranches.
Or son dernier vœu était de voir sa
mère. Tout le monde fut surpris de voir qu'il avait quand
même de l'affection pour sa mère. Mais on a
pensé : "Bon, dans le monde entier, il n'y a probablement
personne qui l'aime, alors il faut bien qu'il ait de l'amour pour
sa mère. Et sa mère étant la seule personne
à l'aimer, il est bien naturel qu'il veuille la voir."
Alors, on alla chercher sa mère.
Très nombreux étaient les gens venus voir son
exécution car il était connu de tous. C'était
un rassemblement énorme, et il était là au
milieu. Puis la mère arriva et il l'embrassa. Soudain, la
mère si mit à pleurer très fort puis tomba
évanouie sur le sol. Un côté de sa tête
saignait. Les gens virent alors que le voleur avait l'oreille de sa
mère dans sa bouche. Les gens se ruèrent sur lui en
disant : "Qu'as-tu fait ? Tu as arraché l'oreille de ta
mère avec tes dents. Pourquoi ?" Alors, il prit l'oreille
dans sa main et la leva bien haut pour qu'on la vît, puis il
pointa un doigt accusateur vers sa mère en disant : "C'est
elle le vrai criminel, pas moi. Le jugement n'est pas
équitable."
Puis il se mit à raconter son histoire. Quand il
était petit et allait à l'école, sa famille
vivait bien, ni pauvre, ni riche. Un jour qu'il avait oublié
son porte-plume, il en emprunta un à son voisin. Mais
à la fin du cours, il oublia de le rendre et le rapporta
chez lui. Il dit à sa mère : "Oh, regarde, j'ai
oublié de rendre le porte-plume que j'ai emprunté
à mon camarade ! Il faut que je retourne le lui donner,
sinon, il va lui manquer."
Et la mère dit : "Non, non, tu le gardes
! Garde-le ! Demain, tu empruntes l'encrier puis les livres et ne
les rends pas. Observe ce qui se passe. Alors, je n'aurai pas
à t'en acheter. S'ils oublient, tant mieux. Ce que tu tiens
dans tes mains, t'appartient. Ce que tu peux prendre est à
toi". Mais quand des camarades d'école voulurent
récupérer leurs affaires, l'enfant ne su pas ce qu'il
devait faire. Alors, il revint à la maison et dit : "Maman,
ils veulent que je leur rende leurs affaires ! Puis-je les leur
rendre? Est-ce que c'est bien ?"
Et la mère dit : "Non, non ! La prochaine
fois donne-leur un coup de poing ! Dis-leur : "Non, c'est à
moi !" Elle lui enseigna comment voler de force, même tout
jeune. Ainsi, petit à petit, il déroba des choses de
plus en plus grosses pour lui-même et pour sa mère,
comme sa mère lui enjoignait de faire. D'abord, il a mordu
les gens, puis a utilisé la force et plus tard il se mis
à tuer. Il tuait même sans nécessité,
c'était devenu une habitude.