Un jour
la sonnette de ma porte retentit. C'était une petite fille
mendiant pour de l'argent. À première vue, elle
paraissait être proprement vêtue. Je lui donnais un peu
d'argent mais en me demandant pourquoi elle mendiait. Peu de temps
après, elle revint avec sa jeune sœur, qui me regardait
avec des yeux brillants. Cette fois, la petite fille expliqua sa
situation familiale. Leur mère était
décédée et leur père venait juste d'essuyer une
blessure à la jambe et ne pouvait pas travailler pour
l'instant. Elle faisait donc des petits travaux ici et là,
comme de vendre des choses de moindre importance. Ils devaient
rester sans manger si son affaire marchait mal. Un sentiment fort
s'éleva en moi après que j'eus entendu son histoire, je
lui donnais donc plusieurs fois plus d'argent que je ne le fis la
fois dernière, et les deux petites filles s'en
retournèrent gaiement. Je pensais que je serais heureux de
l'aider de nouveau si elle revenait.
Quand
je mentionnais cette histoire à une amie initiée le jour
suivant, elle me dit que la petite fille lui avait aussi rendu
visite. Elle lui avait demandé de balayer les feuilles
tombées autour de sa maison avant de lui donner quelque
argent. Mais la petite fille partit sans rien faire. Je compris que
cette amie initiée voulait que ceux qui demandent de l'aide
essayent d'abord de faire quelque chose pour eux-mêmes avant
de toujours compter sur les autres. Mais je me souvins soudain de
quelque chose que Maître dît une fois : "Nous aidons
quand les autres en ont besoin, et pas pour chercher quelque chose
en retour. Nous le faisons sans condition." Néanmoins, les
paroles de l'initiée me faisaient sentir que cela ne valait
pas la peine d'aider de telles personnes parce que ces choses
arrivent si souvent que nous en sommes fatigués. Je supposais
que j'avais été trompé de nouveau, et décidais
que lorsque la petite fille reviendrait, je demanderais à
quelques initiés de rendre visite à sa famille pour
connaître la vérité.
Deux
jours plus tard, un messager Quan Yin vint à Lomé, la
ville où j'habite, et parla de la préoccupation
attentionnée de Maître pour les initiés
ghanéens. Je sentis un choc venant d'un genre de lumière
spirituelle et soudain réalisais que l'amour vient
intuitivement, sans une analyse logique ou jugement. Ce n'est pas
nécessaire de considérer quel est le chemin le plus
bénéfique. Toutes ces années, j'avais laissé
mes valeurs influencer mes décisions et utilisé des
concepts matérialistes pour peser mes actions. Je vacillais
toujours d'avant en arrière, me demandant quelle décision
ou action était la meilleure ou la pire. Et ce genre de
pensées me plongea dans une lutte physique entre le bien et le
mal. Et aujourd'hui, j'ai rencontré un Maître vivant
illuminé, dont les enseignements omniprésents m'aident
à m'élever au-dessus de mes vieilles valeurs rigides.
Plusieurs jours après, la petite fille revint de nouveau,
cette fois avec son adorable et mignon petit frère. Plus tard
nos initiés rendirent visite à leur famille et
trouvèrent que ce que la petite fille avait décrit
était exact. Nous demandâmes aux initiés de leur
apporter quelques médicaments et de l'argent pour couvrir
leurs dépenses journalières. Le père de la petite
fut très content et reconnaissant de recevoir notre don
d'amour, et moi-même je me sentis heureux. Ma pensée fut
purifiée par cette expérience, et je comprends maintenant
plus profondément l'enseignement de Maître : "Nous
faisons la charité par amour, sans demander quoi que ce soit,
par simple devoir envers l'humanité, par amour pour les plus
démunis." 
* Qu'est-ce que
travail sacré signifie pour moi
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