Des histoires racontées par Maître

Endurer les humiliations est une qualité de sainteté
 

Prononcé par Maître Suprême Ching Hai, Hsihu, Formose, le 8 janvier 1995 (à l’origine en chinois) Cassette vidéo n° 466

Le titre de cette histoire est « Endurer les humiliations est une qualité de sainteté », ce qui signifie qu’une personne de grande tolérance est un saint. Pour moi, toutes les personnes de ce monde sont des saints, car ils peuvent en supporter les conditions de vie ! Chaque jour, ils travaillent à la sueur de leur front, pour ne gagner que quelques bols de riz et quelques vêtements. Les gens se côtoient et doivent se supporter les uns les autres. Ils endurent leurs patrons et collègues, leurs conjoints et les membres de leur famille, ainsi que leurs amis et ennemis. Oh, pouvoir supporter tout cela est vraiment une qualité de sainteté ! Si j’étais Dieu, j’attitrais tous les gens de la Terre au rang de divinité (Applaudissement du public) parce que je pense que vivre dans ce monde requiert une grande endurance. Mais regardons comment les Indiens voient cela. Plusieurs Indiens s’engagent dans une pratique spirituelle, mais leurs vues peuvent différer de la mienne.

Un jour, un Indien qui voulait vraiment trouver une voie spirituelle fit appel à un maître illuminé et demanda au maître d’être initié, l’implora de lui transmettre une méthode de pratique qui lui permettrait de voir rapidement Dieu. L’homme étant si empressé, le maître lui accorda l’initiation et dès lors l’instruisit de méditer un certain temps chaque jour, de suivre une alimentation végétarienne et d’observer les Cinq Préceptes. Le maître lui dit aussi que s’il désirait progresser plus rapidement dans sa pratique spirituelle, il devait trouver une grotte dans laquelle méditer et seulement manger un ou deux repas simples par jour. Il lui dit également d’éviter de se mêler aux gens de ce monde pour qu’il ne soit pas distrait. S’il continuait à travailler en ce monde, il aurait beaucoup de problèmes et ne serait pas capable de se concentrer sur sa pratique spirituelle.

La vie était plus simple pour les peuples anciens. S’ils voulaient trouver une grotte dans laquelle méditer, ils pouvaient simplement y aller, contrairement au monde moderne qui a trop de chose en tête : « Je n’ai pas encore fini de rembourser le prêt pour ma voiture ou mon logement », « je dois bientôt payer la carte de crédit », « je n’ai pas payé mes factures! Oh, c’est impossible !» Jadis, si les gens voulaient aller dans une grotte en montagne pour y méditer, tout ce qu’ils avaient à faire était de dire à leur conjoint: « Je pars. Je serai de retour dans six mois ou un an. S’il te plaît, apporte-moi un peu de nourriture chaque jour durant cette période. » C’était si simple !

Aujourd’hui, si nous voulons aller quelque part, nous devons tenir compte de tant de choses. De plus, nous sommes pris dans tant de bureaucratie. Ce n’est pas seulement les gens riches qui deviennent assujettis. Toute personne ordinaire, pour peu qu’elle possède une maison ou une voiture, devient assujettie aussi. Et, aussi longtemps qu’elle vit dans ce monde, elle doit remplir d’innombrables formulaires. Si les formulaires ne sont pas remplis correctement, elle ne peut aller nulle part. Voilà pourquoi les gens ne sont pas libres. Il en va de même dans chaque pays. Le gouvernement possède les informations concernant notre visa, et peut ainsi nous retrouver très facilement.

Maintenant, revenons à cet homme en Inde. Son maître lui a dit : « Après un an, quand tu auras bien médité et que tu auras de bons résultats, reviens me voir. Mais avant de venir, commence par te laver trois fois dans la rivière. Viens ici seulement après t’avoir complètement nettoyé. Alors, je jetterai un coup d’œil aux résultats de ta pratique spirituelle. » Donc, l’homme suivit à la lettre les instructions du maître. Il trouva une petite grotte en montagne et y médita consciencieusement chaque jour, ne mangeant qu’un simple repas par jour.

L’année s’était très vite écoulée. Un jour, le maître sut que le disciple viendrait le voir le lendemain. Il dit alors au serviteur qui nettoyait sa chambre: « Demain, ce disciple viendra ici de la grotte. Va et attends-le à l’entrée. Quand il arrivera, jette sur lui tous les déchets que tu as amassés aujourd’hui. » Bien sûr, le disciple devait suivre les instructions du maître. Alors le lendemain quand l’homme est arrivé, il s’était déjà baigné trois fois et tout son corps était minutieusement nettoyé. De plus, après un an de méditation et à ne manger qu’un seul repas par jour, il était devenu très saint. On pouvait sentir son odeur de sainteté des kilomètres à la ronde. Il avait hâte de voir son maître et de lui parler de ses expériences spirituelles. Mais aussitôt qu’il arriva à l’entrée, le serviteur jeta les ordures sur lui. 

Ouah ! Savez-vous comment le disciple a réagi ? Il était furieux ! Il cria au garçon: « Toi, insondable karma ! Ne sais-tu pas qui je suis ? Je viens tout juste de revenir d’une année de réclusion ! Ne sais-tu pas que je suis un saint ? Comment oses-tu me jeter des ordures ? » (Maître et le public rient.) Puis, il prit le balai du serviteur et courut après lui, mais le serviteur se dépêcha de se cacher derrière son maître pour que l’homme ne puisse pas l’attraper. Le disciple ne pouvait rien faire d’autre que de retourner à la rivière pour s’y nettoyer. Par la suite, il revint voir son maître et dit : « Maître, j’ai médité pendant un an. J’ai fait tout ce que vous m’avez dit de faire alors quand puis-je voir Dieu ? »

Et son maître lui répondit : « Bien ! Mais tu ne peux toujours pas contrôler ton esprit et ton cœur. Tu te mets en colère et veux battre les gens. Oui, en vérité, mon serviteur a agi sottement, mais regarde-toi! Tu as agi comme un tigre, une vipère ! Tu as couru après lui et as essayé de le battre. Tu n’as aucune chance de voir Dieu de cette manière. Tu dois retourner à la grotte, fais pénitence et médite une autre année. » Alors le disciple dit : « D’accord, je comprends. Merci, Maître, de me faire comprendre l’ignorance de mon comportement. Je vais certainement m’amender. » Alors, il retourna dans la grotte et médita très sérieusement et assidûment.

Une autre année passa et son maître encore une fois appela son serviteur et dit : « Demain, le disciple reviendra encore de la grotte et viendra me voir après s’être baigné. Va et attends-le à l’entrée. Quand il sera arrivé, verse sur lui le contenu du pot de chambre. » Alors, la dernière fois c’était les ordures et cette fois-ci, les excréments. Les peuples anciens n’avaient pas de toilettes, alors ils utilisaient un pot de chambre. Le serviteur obéit scrupuleusement et attendit le disciple à l’entrée. Quand il arriva, le serviteur versa tout le pot d’excrément sur sa tête sans en oublier une goutte! (Le public rit.) L’odeur des excréments sur sa tête était si forte qu’elle camoufla l’odeur de sainteté de l’homme. (Maître et le public rient.)

Une nouvelle fois, l’homme était outragé et cria : « Si je t’attrape, je te réduirai en poussières ! Comment oses-tu verser une telle substance nauséabonde sur mon corps saint ! Ne sais-tu pas que j’ai déjà médité deux ans ? J’ai médité vingt-trois heures par jour et je n’ai mangé qu’un seul repas par jour ! Comment oses-tu me faire une telle chose ! » Son visage était devenu cramoisi et il fulminait et tempêtait à gorge déployée, mais puisqu’il ne pouvait pas attraper le serviteur, il abandonna et retourna à la rivière pour s’y nettoyer. Puis, il retourna voir son maître et dit : « Maître, j’ai suivi toutes vos instructions et j’ai médité une autre année complète et j’ai respecté les préceptes à la lettre. » (Mais puisqu’il n’y avait personne d’autre dans la grotte, rien ne pouvait l’amener à rompre les Préceptes.) (Le public rit.) Alors il continua : « Chaque jour, je n’ai rien eu d’autre que de la poudre de sésame, du riz brun et de l’eau de la rivière. Alors, puis-je voir Dieu ? Maître, vous avez promis que je pourrais voir Dieu après une autre année de méditation. Maintenant, j’ai déjà médité deux ans. Pourquoi ne puis-je pas encore voir Dieu ?

Le maître dit : « Mon enfant, tu ne peux toujours pas contrôler ton esprit. Tu viens juste de te comporter comme un chien enragé. Le serviteur n’a versé qu’un peu de substance sur ton corps. Ce n’était rien que les chapatis (crêpes indiennes) d’hier. (Le public rit.) Et tu l’as pourchassé, as crié après lui, et l’as menacé. Penses-tu qu’un saint agirait de la sorte ? Alors, le disciple eut très honte de lui et dit : « Je comprends maintenant. Merci, Maître. Je vais certainement m’amender. Que devrais-je faire maintenant ? »

Le maître répliqua : « Je vais te donner une autre chance. Va et médite une autre année, mais si tu ne passes pas le test la prochaine fois, je ne t’enseignerai plus. Dieu ne te donnera pas non plus une autre chance alors sois vigilant ! Ceci est ta dernière chance. » Puis, l’homme retourna encore à la grotte pour y méditer. Chaque jour, il priait et méditait sincèrement et suivait toutes les instructions du maître. Donc, cet homme était réellement très bon; il voulait vraiment voir Dieu.

Bientôt la troisième année se terminait et son maître s’apprêtait à nouveau à jouer ses tours habituels. Il enseignait toujours aux autres à faire de bonnes actions, mais, lui-même, était prêt à faire des choses si malveillantes pour mettre ses disciples au défi. Le disciple venait tout juste de finir sa retraite d’un an avec grande difficulté et pensait qu’il pourrait être maintenant libre, alors il quitta joyeusement la grotte et prit un bon bain. Mais le maître fit à nouveau verser sur lui des ordures et des excréments. Quelle sorte de maître était-ce cela ? Le maître enseignait toujours à ses disciples à être bons, polis et doux, non pas à mettre les gens au défi, mais de prendre soins des autres et de rendre les autres heureux. Chaque maître n’enseigne-t-il pas ces choses ? Mais ce maître, lui-même, faisait des choses si mauvaises! Il causait tant de problèmes à ses disciples ! Il était vraiment unique! (Maître rit.)

Cette fois-ci, le maître avait appelé son serviteur et avait dit : « Demain, ce disciple reviendra de la grotte. Amène les déchets et le pot de chambre sur le toit de l’entrée. Quand il entrera, verse toutes ces sales substances sur lui à nouveau. » Alors, le serviteur fit ce qu’il lui avait dit.

Mais, cette fois-ci, le disciple fut capable de contrôler son esprit et n’explosa pas. Je me demande s’il était vraiment capable de contrôler son esprit ou si c’était seulement qu’il avait déjà eu deux fois la même expérience qu’il ne se fâchait plus. (Le public rit.) Peut-être que ce maître n’était pas très illuminé lui-même. S’il donnait toujours le même test, le disciple pouvait s’y préparer, mais peut-être que non. Si un homme est très ignorant ou est possédé par les démons, il ne comprendra rien. Il oubliera tout, y compris ses propres bonnes qualités et sa nature aimable. Par chance, cependant, le disciple se souvint. Peut-être qu’il avait une grande détermination et une bonne mémoire. Il savait qu’il valait mieux ne pas se fâcher en toutes circonstances. Il savait que si on déversait des choses sur lui encore une fois, tout ce qu’il avait à faire était de prendre un autre bain. C’était tout! Alors, peut-être était-il devenu plus sage. Mais pouvait-il vraiment contrôler son esprit ? Nous ne le savons pas. De toutes façons, cette fois-ci quand le serviteur versa le sale mélange sur lui, non seulement n’était-il pas en colère, mais il remercia même le serviteur. (Le public rit.)

Maître Suprême Ching Hai n’enseigne-t-Elle pas la même chose ? Quand les autres nous disputent ou nous battent, nous devons les en remercier. Est-ce qu’Elle ne vous enseigne pas cela ? (Le public répond: « Oui .») Je me souviens L’avoir entendue vous le dire à quelques reprises, mais avez-vous appliqué Ses enseignements dans la vie courante ou est-ce que vous avez toujours le goût de battre les autres ? Cette fois-ci, le disciple indien a remercié le serviteur. Peut-être avait-il vraiment pris le contrôle de son esprit. Il dit humblement : « Mon frère, tu viens juste de me faire une grande faveur. Si tu ne m’avais pas traité de cette façon, je n’aurais pu me départir de ma propre colère ou du pouvoir négatif qui m’attachait. Je te remercie du fond du cœur! » Il fit trois fois la révérence au serviteur et alla voir son maître.

Tout de suite après cela, son maître lui donna la vraie initiation. Peut-être que ce que l’homme avait appris auparavant de son maître était seulement la Méthode Pratique et seulement après avoir changé son attitude envers le serviteur, il reçut l’initiation formelle de son maître. De fait, durant son initiation il vit immédiatement la Lumière intérieure et entendit le Son intérieur. Il vit Dieu ! Il fut ainsi transporté.


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