Entre Maître et disciples


Se réincarner pour du chocolat
Par Xiaoming

       Maître nous parle souvent. Sur le moment ça a l'air de propos banaux, mais quand on y repense on réalise que chaque parole a son sens.

       J'ai toujours eu un goût immodéré pour les sucreries, spécialement pour le chocolat. J'aimais tellement le chocolat qu'il y en avait même jusque dans mon lit, comme ça je pouvais en attraper au milieu de la nuit et en manger tout en dormant. Pourtant, plus tard cette habitude a disparu. Après être devenue nonne, je travaillais près de Maître, et j'avais presque oublié ce penchant pour le chocolat. Un jour, nous étions aux Etats-Unis, Maître m'a demandé d'acheter des chocolats pour les distribuer. A ce moment-là, Elle a fait cette remarque : "C'est drôle, pourquoi tant de gens aiment le chocolat ? " J'ai dit à Maître ce que j'en pensais, Elle m'a demandé : "Comment le sais-tu ? " Je Lui ai répondu : "Parce qu'avant j'aimais beaucoup le chocolat" A cela, Elle m'a aussitôt répondu : "Si tu l'aimes, alors manges-en autant que tu veux, pour que tu n'aies pas à te réincarner à cause du chocolat. "

       Tous les chocolats que j'avais achetés ont été donnés sauf une boîte. Il y avait dedans toutes les sortes de chocolats faits maison. Maître me l'a donnée en me disant : "Finis la boîte, comme ça tu n'auras pas besoin de te réincarner à nouveau." Ca avait l'air d'une blague mais ça m'a fait frissonner. J'avais cru que ce n'était qu'à cause des concepts qu'on se réincarnait. Nos habitudes alimentaires peuvent-elles nous garder prisonniers du cycle de la vie et de la mort ? J'ai pris les mots de Maître très au sérieux et j'ai mangé les chocolats. Le chocolat américain est très sucré et j'en ai mangé jusqu'à être malade. Depuis ce jour, rien que la vue du chocolat me rend malade.

       En fait, une consommation trop grande de sucre avait créé un déséquilibre dans mon corps, j'étais très facilement dérangée. J'avais des difficultés à penser clairement, mes mouvements et mes pensées en étaient affectés. A l'époque où Maître m'a aidée à me débarrasser de ma passion pour les sucreries, mon organisme était déjà très intoxiqué. Je ne l'ai compris que lorsque je suis allée à l'hôpital pour un examen complet. Je ne savais pas que j'avais vécu sur le pouvoir de bénédiction de Maître. Plus tard, je me suis mise à utiliser le système du "jusqu'au dégoût" pour changer certaines de mes habitudes, et cela marchait vraiment. J'avais l'habitude de supprimer le désir ou me décevoir, mais c'était pire, mes désirs revenaient en force.

       Par exemple, je voudrais mentionner le désir de regarder des films. La majorité de notre génération a grandi en regardant beaucoup la télévision. Nous en sommes intoxiqués. Alors Maître a utilisé cette stratégie du : "aller jusqu'à l'écoeurement", nous laissant regarder des films, et voyant qui serait le dernier à s'arrêter. Lorsque nous regardions des films, Elle nous demandait souvent d'apporter notre gamelle et notre provision mensuelle de friandises. Regarder deux à trois films d'affilée était quelque chose de normal. Quand nous sommes arrivés à un niveau plus avancé, nous regardions d'affilée des douzaines de vidéos. Maître sélectionnait soigneusement tous les programmes, mais regarder des films était devenu une bataille difficile à gagner. Nous regardions des films nuit et jour jusqu'à ce que nos yeux se ferment de fatigue. Je voulais aller me coucher dans ma tente, mais je ne voulais pas quitter Maître. Quelque fois, il y en avait qui dormaient au fond, tandis que Maître restait assise toute droite devant. Nous en étions arrivés à un point tel qu'au moment de regarder encore des films, nous soupirions et traînions les pieds comme si on nous demandait de faire quelque chose que nous n'aimions pas du tout. Je me suis rappelée du tout début quand je me coupais des autres et de tout, en regardant la T.V. Je n'aurais jamais imaginé qu'un jour je redouterais de la regarder. Ma plus grande admiration va à Maître, pour Sa façon unique d'utiliser la nourriture, la boisson et les plaisirs pour nous libérer de nos attachements.