Maître dit
La source d'amour de Maître
~L'histoire d'un insecte
Prononcé par Maître Suprême Ching Hai 
à la retraite internationale de trois jours à Hong Kong,
Du 1er au 4 avril 1994 (Initialement en chinois)

 

 

 

 

 

 

 



Plus nous pratiquons, moins nous sommes sérieux. Nous ne voyons pas les choses comme étant soit bonnes soit mauvaises. Nous pensons que tout est bien. Nous sommes de plus en plus détendus. Ce n'est pas que les gens aient arrêté d'accomplir de bonnes ou mauvaises actions, mais que ces actions, bonnes ou mauvaises, n'ont rien à voir avec nous. Ceci est parce que nous pensons différemment maintenant. Nous ne sommes pas contaminés ou influencés par celles-ci, alors nous sommes de plus en plus détendus. Même si parfois nous ne traitons pas bien les membres de notre famille ou nos amis ou que nous faisons des erreurs, nous pouvons quand même nous pardonner, et de ce fait, nous sommes détendus. C'est pourquoi nous parlons de libération en une vie.

Autrement, nous sommes influencés par ce monde physique. Nous sommes liés ça et là, et nous nous attachons nous-mêmes. Bien sûr, nous nous ennuyons toute la journée. Si nous persistons comme cela chaque jour, nous ne nous sortirons jamais de cette atmosphère ennuyeuse. La libération spirituelle est comme ceci : nous devenons libérés tout en étant en vie ; nous nous sentons détendus et heureux ; nous ne sommes plus inquiets et accablés comme auparavant, quand nous pouvions à peine tolérer les actions des autres. 

Mais laissez-moi vous dire quelque chose, je ne suis pas si libérée ! (Maître et l'auditoire rient) Je viens juste de marcher sur un insecte et mon cœur souffre pour lui. J'ai dit au garde que ça n'aurait pas eu autant d'importance s'il avait été mort. Mais il était blessé, je ne sais pas où il était blessé puisqu'il ne peut parler ! Alors mon cœur souffre terriblement. Je me suis excusée, mais je savais que ça n'allait pas aider. Alors je l'ai placé sur la pelouse mouillée, j'ai vaporisé de l'eau sur son corps, et je l'ai baptisé. J'espère qu'il sera mieux. Peut-être le sera-t-il, mais quand il a été blessé, il a dû se sentir terriblement mal, et je ne sais pas où il avait mal. Bien qu'il puisse toujours se déplacer, il doit avoir mal. Ses pieds ont peut-être été blessés ou ses ongles cassés. Peut-être s'était-il manucurer toute la journée et j'ai cassé ses ongles. Peut-être venait-il juste de se manucurer et était splendidement habillé pour un meeting, mais je l'ai blessé. J'ai entendu un "crack !" Et ça m'a brisé le cœur ! Je suis en train de lui offrir mes excuses jusqu'à maintenant. 

Alors, je ne sais pas si je suis vraiment libérée. Il semble que je ne sois pas libérée. Je suis encore attachée ! (L'auditoire rit) Pas vrai ? Zut, je ne suis pas libérée de ce genre de situation. Je me sens mal quand les autres ont mal, et surtout quand les animaux souffrent, je souffre plus parce qu'ils ne peuvent pas parler. Si nous sommes blessés, dans la plupart des cas, nous sommes envoyés à l'hôpital et nous pouvons dire au médecin où nous sommes blessés. Il peut nous soigner sur-le-champ et nous nous sentirons mieux, ou nous pouvons avoir des piqûres et prendre des médicaments et la douleur sera soulagée. Mais les animaux souffrent vraiment terriblement ! (Maître soupire) C'est le prix que nous devons payer dans ce monde. 

Pouvez-vous imaginer combien notre monde aurait été ennuyeux si Dieu n'avait pas créé les animaux, tels les cerfs, les ours, les lapins, et les chats ? Dieu a créé de nombreuses choses pour nous ainsi que pour embellir le monde. Mais le prix est élevé. Les animaux souffrent, parce qu'eux aussi ont une âme, une vie, et des sentiments, qui leur permettent de demeurer actifs et de paraître en vie. À cause de cette vie ou énergie vitale, ils ressentent la douleur quand ils sont blessés ou meurent. C'est le prix que nous devons payer pour ce corps et pour cette vie.
Nous devons payer ce prix afin de vivre ou ressentir. Autrement, nous ne ressentirions rien quand les gens nous embrasseraient ou nous toucheraient. Les boissons chaudes ou froides ou la nourriture n'auraient pas bon goût pour nous. Nous jouissons de ce monde à travers nos sensations. Seulement à travers les sensations connaissons-nous le parfum d'une fleur, d'un fruit frais, du thé vert, et de la délicieuse nourriture. Donc, nous payons un prix très élevé pour avoir ces bons sentiments et sensations. La même chose est pour les animaux. 

Nous payons le prix pour avoir les sensations de la vie. En fait, il n'y a rien dans ce monde qui n'ait pas de prix. Un robot peut faire plusieurs choses, tout comme nous, les humains, et parfois il peut même "penser", presque comme nous le faisons, mais il n'a pas d'émotions ou de perceptions. Il ne connaît pas le goût de la bonne nourriture, la chaleur du soleil, la fraîcheur de la brise ou les sensations douloureuses. Sans cette vie, il ne peut y avoir d'émotions. Où il y a des émotions, il y a de la douleur.

Nous demandons souvent pourquoi Dieu a créé un tel monde de souffrance. En fait, nous devrions savoir que c'est le prix que nous devons payer pour le libre arbitre et les sentiments. Seulement de cette manière pouvons-nous profiter de ce splendide et merveilleux monde. Ce ne serait pas amusant si les animaux étaient comme des machines et n'avaient pas de sentiments. Ce ne serait pas amusant si nous étions comme des machines. Néanmoins, puisque nous avons du plaisir, nous avons de la douleur aussi. Mais nous n'aimons pas la douleur. Encore, si Dieu engourdit nos sentiments, nous ne pouvons apprécier le monde. Alors, plus nous pratiquons, plus nous nous identifions à notre destin. Nous réalisons que nous avons fait le choix d'avoir du plaisir ici. Nous avons les outils qui nous donnent plusieurs sensations. Quand vient la douleur, nous ne pouvons y échapper, nous ne pouvons pas seulement rien ressentir.

Cette même théorie s'applique au karma. À un moment dans le passé, nous avions tout - argent, pouvoir, et le libre arbitre, mais nous nous sommes perdus en eux. Nous avons choisi de nous abandonner à eux. Nous ne traitions pas bien les gens ; nous n'avions aucune considération pour les autres ; et nous avons gaspillé nos talents, notre argent, et nos biens. Résultat, nous avons tout perdu. C'est comme cela que le monde fonctionne : il y a des hauts et des bas. Quand nous atteignons le bas, nous n'avons rien, sommes pauvres, malades, et angoissés. Alors, nous nous tournons vers Dieu et Lui demandons pourquoi nous sommes nés dans une telle vie. En fait, ce n'est pas la faute de Dieu, parce qu'il y a toujours le bon et le mauvais côté. Il y a toujours des hauts et des bas, de bonnes et de mauvaises choses. Nous nous élèverons de toutes façons vers le côté élevé. 

Les saints et les bons pratiquants spirituels comprennent que les bonnes et les mauvaises choses de ce monde ne sont pas une grosse affaire. Mais les gens du monde ne peuvent pas voir au-delà du bref moment présent. Ils ne peuvent pas voir le passé ou le futur, alors ils souffrent et ils n'aiment pas cela, et de ce fait créent plus de souffrance parce qu'ils ne sont pas en paix ou équilibrés à l'intérieur. Ils continuent à chercher plus, mais plus ils cherchent, plus ils souffrent et se débattent. Ils empirent la situation, et ils souffrent davantage. Ensuite, ils se tournent vers la tuerie, le vol ou les vendettas. Ou ils sont persécutés ou mis en prison, et leur souffrance s'accroît d'avantage et ils ne peuvent s'échapper. Donc, nous sommes responsables pour la création du bien et du mal en ce monde. À cause de nos préférences, parfois nous faisons inconsciemment des choses voulues. Cela est la façon de vivre que nous jouissons en ce monde. 

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