Plus nous
pratiquons, moins nous sommes sérieux. Nous ne voyons pas les
choses comme étant soit bonnes soit mauvaises. Nous pensons
que tout est bien. Nous sommes de plus en plus détendus. Ce
n'est pas que les gens aient arrêté d'accomplir de bonnes
ou mauvaises actions, mais que ces actions, bonnes ou mauvaises,
n'ont rien à voir avec nous. Ceci est parce que nous pensons
différemment maintenant. Nous ne sommes pas contaminés ou
influencés par celles-ci, alors nous sommes de plus en plus
détendus. Même si parfois nous ne traitons pas bien les
membres de notre famille ou nos amis ou que nous faisons des
erreurs, nous pouvons quand même nous pardonner, et de ce
fait, nous sommes détendus. C'est pourquoi nous parlons de
libération en une vie.
Autrement, nous sommes influencés par ce monde
physique. Nous sommes liés ça et là, et nous nous
attachons nous-mêmes. Bien sûr, nous nous ennuyons toute
la journée. Si nous persistons comme cela chaque jour, nous ne
nous sortirons jamais de cette atmosphère ennuyeuse. La
libération spirituelle est comme ceci : nous devenons
libérés tout en étant en vie ; nous nous sentons
détendus et heureux ; nous ne sommes plus inquiets et
accablés comme auparavant, quand nous pouvions à peine
tolérer les actions des autres.
Mais
laissez-moi vous dire quelque chose, je ne suis pas si
libérée ! (Maître et l'auditoire rient) Je viens
juste de marcher sur un insecte et mon cœur souffre pour lui.
J'ai dit au garde que ça n'aurait pas eu autant d'importance
s'il avait été mort. Mais il était blessé, je
ne sais pas où il était blessé puisqu'il ne peut
parler ! Alors mon cœur souffre terriblement. Je me suis
excusée, mais je savais que ça n'allait pas aider. Alors
je l'ai placé sur la pelouse mouillée, j'ai vaporisé
de l'eau sur son corps, et je l'ai baptisé. J'espère
qu'il sera mieux. Peut-être le sera-t-il, mais quand il a
été blessé, il a dû se sentir terriblement mal,
et je ne sais pas où il avait mal. Bien qu'il puisse toujours
se déplacer, il doit avoir mal. Ses pieds ont peut-être
été blessés ou ses ongles cassés.
Peut-être s'était-il manucurer toute la journée et
j'ai cassé ses ongles. Peut-être venait-il juste de se
manucurer et était splendidement habillé pour un meeting,
mais je l'ai blessé. J'ai entendu un "crack !" Et ça m'a
brisé le cœur ! Je suis en train de lui offrir mes
excuses jusqu'à maintenant.
Alors, je ne sais pas si je suis vraiment
libérée. Il semble que je ne sois pas libérée.
Je suis encore attachée ! (L'auditoire rit) Pas vrai ? Zut, je
ne suis pas libérée de ce genre de situation. Je me sens
mal quand les autres ont mal, et surtout quand les animaux
souffrent, je souffre plus parce qu'ils ne peuvent pas parler. Si
nous sommes blessés, dans la plupart des cas, nous sommes
envoyés à l'hôpital et nous pouvons dire au
médecin où nous sommes blessés. Il peut nous soigner
sur-le-champ et nous nous sentirons mieux, ou nous pouvons avoir
des piqûres et prendre des médicaments et la douleur sera
soulagée. Mais les animaux souffrent vraiment terriblement !
(Maître soupire) C'est le prix que nous devons payer dans ce
monde.
Pouvez-vous imaginer combien notre monde aurait
été ennuyeux si Dieu n'avait pas créé les
animaux, tels les cerfs, les ours, les lapins, et les chats ? Dieu
a créé de nombreuses choses pour nous ainsi que pour
embellir le monde. Mais le prix est élevé. Les animaux
souffrent, parce qu'eux aussi ont une âme, une vie, et des
sentiments, qui leur permettent de demeurer actifs et de
paraître en vie. À cause de cette vie ou énergie
vitale, ils ressentent la douleur quand ils sont blessés ou
meurent. C'est le prix que nous devons payer pour ce corps et pour
cette vie.
Nous devons payer ce prix afin de vivre ou ressentir. Autrement,
nous ne ressentirions rien quand les gens nous embrasseraient ou
nous toucheraient. Les boissons chaudes ou froides ou la nourriture
n'auraient pas bon goût pour nous. Nous jouissons de ce monde
à travers nos sensations. Seulement à travers les
sensations connaissons-nous le parfum d'une fleur, d'un fruit
frais, du thé vert, et de la délicieuse nourriture. Donc,
nous payons un prix très élevé pour avoir ces bons
sentiments et sensations. La même chose est pour les
animaux.
Nous
payons le prix pour avoir les sensations de la vie. En fait, il n'y
a rien dans ce monde qui n'ait pas de prix. Un robot peut faire
plusieurs choses, tout comme nous, les humains, et parfois il peut
même "penser", presque comme nous le faisons, mais il n'a pas
d'émotions ou de perceptions. Il ne connaît pas le
goût de la bonne nourriture, la chaleur du soleil, la
fraîcheur de la brise ou les sensations douloureuses. Sans
cette vie, il ne peut y avoir d'émotions. Où il y a des
émotions, il y a de la douleur.
Nous
demandons souvent pourquoi Dieu a créé un tel monde de
souffrance. En fait, nous devrions savoir que c'est le prix que
nous devons payer pour le libre arbitre et les sentiments.
Seulement de cette manière pouvons-nous profiter de ce
splendide et merveilleux monde. Ce ne serait pas amusant si les
animaux étaient comme des machines et n'avaient pas de
sentiments. Ce ne serait pas amusant si nous étions comme des
machines. Néanmoins, puisque nous avons du plaisir, nous avons
de la douleur aussi. Mais nous n'aimons pas la douleur. Encore, si
Dieu engourdit nos sentiments, nous ne pouvons apprécier le
monde. Alors, plus nous pratiquons, plus nous nous identifions
à notre destin. Nous réalisons que nous avons fait le
choix d'avoir du plaisir ici. Nous avons les outils qui nous
donnent plusieurs sensations. Quand vient la douleur, nous ne
pouvons y échapper, nous ne pouvons pas seulement rien
ressentir.
Cette
même théorie s'applique au karma. À un moment dans
le passé, nous avions tout - argent, pouvoir, et le libre
arbitre, mais nous nous sommes perdus en eux. Nous avons choisi de
nous abandonner à eux. Nous ne traitions pas bien les gens ;
nous n'avions aucune considération pour les autres ; et nous
avons gaspillé nos talents, notre argent, et nos biens.
Résultat, nous avons tout perdu. C'est comme cela que le monde
fonctionne : il y a des hauts et des bas. Quand nous atteignons le
bas, nous n'avons rien, sommes pauvres, malades, et angoissés.
Alors, nous nous tournons vers Dieu et Lui demandons pourquoi nous
sommes nés dans une telle vie. En fait, ce n'est pas la faute
de Dieu, parce qu'il y a toujours le bon et le mauvais
côté. Il y a toujours des hauts et des bas, de bonnes et
de mauvaises choses. Nous nous élèverons de toutes
façons vers le côté élevé.
Les
saints et les bons pratiquants spirituels comprennent que les
bonnes et les mauvaises choses de ce monde ne sont pas une grosse
affaire. Mais les gens du monde ne peuvent pas voir au-delà du
bref moment présent. Ils ne peuvent pas voir le passé ou
le futur, alors ils souffrent et ils n'aiment pas cela, et de ce
fait créent plus de souffrance parce qu'ils ne sont pas en
paix ou équilibrés à l'intérieur. Ils
continuent à chercher plus, mais plus ils cherchent, plus ils
souffrent et se débattent. Ils empirent la situation, et ils
souffrent davantage. Ensuite, ils se tournent vers la tuerie, le
vol ou les vendettas. Ou ils sont persécutés ou mis en
prison, et leur souffrance s'accroît d'avantage et ils ne
peuvent s'échapper. Donc, nous sommes responsables pour la
création du bien et du mal en ce monde. À cause de nos
préférences, parfois nous faisons inconsciemment des
choses voulues. Cela est la façon de vivre que nous jouissons
en ce monde.